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Sport, éthique et santé au tournoi AVS Santé Open

Ce week-end, Sarreguemines vit au rythme du tennis handisport avec l’organisation du Tournoi AVS Santé Open au complexe tennistique. Si l’événement peut s’enorgueillir de compter deux têtes d’affiche de niveau mondial, en l’occurrence Nicolas Peifer et Joachim Gérard, l’AVS Santé Open a accueilli également une conférence sous le signe du sport, de l’éthique et de la santé. Avec pour intervenants, Patrice Ragni, entraîneur d’A2M, Patrick Montel, journaliste à France Télévisions et Quentin Bigot, le lanceur de marteau mosellan.

Le sport, l’éthique et la santé. Un vaste programme me diriez-vous. Des notions complémentaires, indissociables même. AVS Santé, le sponsor principal de l’événement tennistique sarregueminois qui vient de se relancer, est à l’initiative de cette conférence inédite. Une rencontre qui a confronté les points de vue de Patrick Montel, le célèbre journaliste de France Télévisions, de Patrice Ragni, entraîneur au club A2M et Quentin Bigot, l’ex (futur ?) lanceur de marteau mosellan sous le coup d’une suspension suite à un contrôle anti-dopage. Le jeune athlète mosellan est revenu sur sa mésaventure qui a secoué le monde de l’athlétisme il y a tout juste 1 an. L’occasion pour Quentin de revenir sur cet accident de parcours et surtout d’en tirer les leçons. « Avec le recul, je me dis désormais que j’ai eu beaucoup de chance de me faire avoir. J’ai pu reprendre le contrôle de mon existence. Pendant des années, j’ai entendu qu’il fallait user de produits dopants pour atteindre le plus haut niveau dans ma discipline. Aujourd’hui, je peux vous affirmer que c’était la mauvaise voie car j’ai repris l’entraînement bien qu’étant sous le coup d’une suspension de quatre ans (deux ans avec sursis assorties d’une peine de deux ans ferme, NDLR) : mes performances sont quasi au niveau de ce que j’étais capable de réaliser sous influence des anabolisants. L’essentiel est d’être bien entouré, c’est ça la clé. » Car le sport de haut niveau demande des sacrifices. « Dans notre société actuelle, souligne Patrice Ragni, nous avons besoin de critères d’excellence. Et le très haut niveau dans le sport est difficilement tenable à la fois d’un point de vue psychologique et physique. » Aller au-delà des limites de son esprit et de son corps : une composante que les athlètes handisport ne connaissent que trop bien. « Mais le sport nous fait vibrer et nous fait sentir que l’on est pas handicapé », a souligné très justement Joachim Gérard, n°5 mondial et l’une des têtes d’affiche de l’AVS Santé Open. « Le handicap, on ne s’y intéresse que lorsque l’on est concerné alors que potentiellement, nous le sommes tous », a rappelé Marc Massing, l’un des dirigeants du groupe qui a donné son nom au tournoi. « Valoriser l’handisport fait partie de nos missions. »Tout comme celles de « France Télévisions qui tente depuis quelques années à mettre en lumière l’handisport. Même si les résultats en termes d’audience ne sont pas encore probants », ajoute Patrick Montel. Pour parvenir à l’état d’esprit des anglo-saxons – rappelons-nous des Paralympiques à Londres en 2012 – il reste encore du chemin à parcourir par les Français. Cependant, des initiatives comme AVS sont et seront là pour que les Français y parviennent un jour. Le plus vite possible serait le mieux.

Photo : DR - Article publié le 19 juin 2015

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