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Portrait de Noël : Olivier Mutis

Reconnu comme le joueur français le plus doué de sa génération après sa victoire à Wimbledon juniors en 1995, Olivier Mutis n’aura cependant jamais réussi à grimper plus haut que la 71e place mondiale au classement ATP. Olivier Mutis, 34 ans, plaide coupable. Entretien.

C’est aux joueurs de l’ASPTT Tennis, en tant que capitaine, qu’il distille aujourd’hui ses conseils. Des conseils qu’il eut bien du mal à écouter quand il traînait sa raquette sur les terrains de l’ATP Tour. « J’ai toujours eu du mal à rentrer dans le moule du monde professionnel, avoue Olivier Mutis. Je n’ai jamais su faire tous les sacrifices pour devenir un grand joueur de tennis. J’avais beaucoup de mal à quitter le cocon familial. Avec le recul, j’aurais pu faire bien mieux. Aujourd’hui, je me sers de cette expérience pour inculquer aux jeunes cette rage qui m’a tant manqué. » Un mental défaillant comblé en partie par un talent inné, lui permettant quelques exploits, à commencer par cette victoire en Grand Chelem juniors, à Wimbledon en 1995, son « plus grand souvenir de joueur ». Formé à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), Mutis rejoint l’ASPTT Metz en 1991 et participe à ses premiers matches en professionnel à 17 ans. Précoce mais pas serein pour autant. « Mes premiers pas ont été difficiles dans le circuit pro. J’avais beaucoup de difficulté à enchaîner les matches et j’ai stagné assez longtemps autour de la 200e place du classement ATP. » Rapidement estampillé joueur le plus doué de sa génération, Olivier Mutis devient, aux yeux des médias, une belle capilotade. « J’ai eu du mal à gérer les attentes de la presse nationale. On me répétait sans cesse que je n’étais pas à ma place. Le mental n’y était pas, c’est comme ça. » Jusqu’à son coup d’éclat, en 2004, en terres parisiennes et sa victoire au 2e tour de Roland Garros, face au numéro 2 mondial d’alors, l’Américain Andy Roddick, en cinq manches. « Je me souviens d’un terrain Suzanne Lenglen plein à craquer, d’une ambiance superbe et d’un match tendu. Quitte à faire une grosse performance, autant la faire à domicile, non ? », sourit le pensionnaire de l’ASPTT Metz. Un tournoi qu’il termine en 1/8e de finale non sans avoir sorti Fabrice Santoro en 1/16e avant de chuter face à l’Argentin Juan Ignacio Chela.

Joueur : stop ou encore ?

À son actif, également, un souvenir moins médiatique mais tout aussi impressionnant. « La même année, j’ai battu Rafael Nadal à Palerme sur terre battue. On n’en a pas beaucoup parlé mais cela reste une de mes plus grosses performances de joueur. » Il devient alors le neuvième joueur sur seize à avoir battu le Majorquin sur terre et restera parmi les six joueurs à n’avoir jamais goûté la défaite face à l’actuel numéro 1 mondial. Sélectionné qu’à une seule reprise en équipe de France de Coupe Davis en tant que remplaçant (contre la Croatie, en 2005), Olivier Mutis continue de jouer, avec l’équipe de l’ASPTT Metz en championnat de France. « En tant que capitaine, je me dois d’aider mes partenaires à emmener l’équipe jusqu’aux portes des phases finales chaque année et essayer de glaner un titre qui nous échappe depuis longtemps. Je me donne encore deux ou trois ans et après les jeunes devront reprendre la main. » Une main si précieuse qui n’aura malheureusement jamais pu montrer toute l’entendue de son grand talent.

Photo : DR - Article publié le 27 décembre 2012

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