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Gestede : In Wales, he trust !

Ancienne pépite du centre de formation du FC Metz, Rudy Gestede s’éclate depuis 2011 au sein de la League Championship (D2 anglaise) avec son équipe galloise de Cardiff City. S’expatrier au Pays de Galles, un choix sportif avant tout pour relancer une jeune carrière perturbée par les blessures. Tea time.

Sur les bords de la rivière Taf, Rudy Gestede contemple le Millenium Stadium de Cardiff, chef-d’œuvre d’architecture moderne de 75 000 places et temple du rugby européen. À défaut de fouler sa pelouse. Car si la capitale galloise possède l’un des plus beaux stades du monde, le Cardiff City Football Club doit se « contenter » de l’écrin du quartier de Leckwith, le Cardiff City Stadium, où 26 500 personnes peuvent prendre place. Deuxième plus grand stade du Pays de Galles, le stade, inauguré en juillet 2009, a remplacé l’un des vestiges du football gallois, le Ninian Park, vétuste, qui avait été au bout de son histoire de « Old Lady », surnom de l’enceinte. Car, à l’instar de son stade, le Cardiff City FC, fondé il y a 113 ans sous le nom de Riverside avec pour premier objectif d’accueillir des joueurs de cricket, a subi une profonde mutation depuis le début des années 2000. Acheté par l’homme d’affaires libanais Sam Hammam en juillet 2000 avec pour objectif de mener le club de la quatrième division anglaise à la Premier League, Cardiff est monté de deux divisions en trois ans, intégrant le « npower Champinship » (D2 anglaise) dès juillet 2003. Malgré les performances sportives saluées par l’ensemble de la presse britannique, l’image du club est fortement dégradée durant la période de la présidence de Hammam. En 2011, le magazine britannique Four Four Two place l’équipe de Cardiff de la saison 2000-2001 parmi les 25 équipes de la planète les plus haïes de l’Histoire. Les déclarations de l’homme d’affaires sont en cause : à son arrivée, il ambitionne de faire de Cardiff un « Barça gallois » et emportant, selon lui, les cœurs de tous les Gallois. Au pays de Galles, Cardiff City, club de la capitale, a toujours suscité une certaine hostilité, notamment auprès de la ville voisine de Swansea (dont le club est, lui, en Premier League), mais aussi dans la nation entière. C’est finalement un milliardaire malaisien, Chan Tien Ghee, qui décide de racheter le club en 2011… l’année d’arrivée de Rudy Gestede au sein du club gallois. « J’étais en fin de contrat avec le FC Metz après un prêt d’un an à Cannes, en National. J’ai effectué un essai de deux semaines à Cardiff qui a été concluant. Je suis sous contrat jusque 2014. » C’est ainsi que commence l’histoire de Rudu Gestede, 24 ans, ex grand espoir du centre de formation du FC Metz. Job save the teen.

« Les blessures ont freiné sa progression » (Y. Pouliquen)

Originaire de la banlieue nancéienne, Rudy Gestede intègre très tôt le centre de formation grenat, avant de connaître ses premières minutes en professionnel sous les ordres de Francis De Taddeo. « J’avais 19 ans à peine quand j’ai débuté en pro, se souvient l’attaquant de 24 ans. C’était à Marseille, au stade Vélodrome en 2007. Cette année-là, j’avais fait une quinzaine de matches en Ligue 1. » L’aventure débute bien mais les pépins physiques et son entente avec son nouvel entraîneur vont vite venir freiner l’ascension prometteuse du longiligne attaquant messin. « Ça s’est mal passé avec Yvon Pouliquen dès son arrivée en janvier 2008. Il faisait confiance aux joueurs expérimentés et très peu aux jeunes. » Un comble pour un club qui se dit tourné vers la formation. Il connaît sa première titularisation sous l’ère Pouliquen en mars, pour le compte de la 30e journée face au voisin nancéien. « Lors de mon passage à Metz, Rudy avait un gros potentiel à exploiter, se souvient Yvon Pouliquen. C’est joueur qui est un bon point d’ancrage pouvant soulager une équipe et lui permettre de gagner du terrain lorsqu’elle est face un adversaire qui effectue un gros pressing. Rudy est très intéressant de par sa technique, son potentiel athlétique. Malheureusement, les blessures ont freiné sa progression. » En manque de temps de jeu, et sur les conseils de Francis De Taddeo, il rejoint l’AS Cannes en National. « Ce fut une année contrastée et bizarre. J’ai joué une vingtaine de matches mais le buzz médiatique engendré par l’arrivée au club de l’international tchèque Jan Koller a un petit peu réduit mon temps de jeu. » En fin de contrat, Rudy Gestde quitte son cocon familial lorrain pour la grande aventure outre-Manche.

« Il est très fort dans les airs » (Sven-Goran Eriksson)

Arrivé en juillet, Rudy Gestede fait forte impression à son nouvel entraîneur, Malky Mackay. « Depuis son arrivée à Cardiff, Rudy adore jouer et apprend de jour en jour, reconnaît l’Écossais. Il connaît ses défauts et continue de beaucoup travailler à l’entraînement pour les corriger. C’est un joueur que je n’aimerais pas avoir contre moi. » Une première saison pleine pour le numéro 15 de la formation galloise, jouant pas moins de 31 matches durant l’année dont 25 matches en Championship avec 3 buts à la clé. « Mon adaptation s’est plutôt bien passée. C’est un championnat de haut niveau, selon moi meilleur que la Ligue 2 française, où il y a beaucoup de jeu direct. C’est très spectaculaire et donc agréable à jouer. » Une adaptation éclaire facilitée par la très bonne organisation de l’ancien club de l’international Craig Bellamy. « Le club avait mis à ma disposition des professeurs d’anglais pour que je me sente bien et surtout que je ne perde pas de temps dans ma nouvelle vie en Grande-Bretagne. » Parfois remarquable, souvent remarqué, Rudy Gestede a même eu les honneurs de l’ancien sélectionneur de l’Angleterre, Sven-Goran Eriksson, après une prestation de haut vol face à son équipe de Leicester. « C’est un joueur perturbant et très bon dans les airs. Il pose beaucoup de problèmes aux défenseurs du championnat. »

Disponible pour la sélection… américaine !

Cerise sur le gâteau, l’ancien Grenat a eu le bonheur de jouer la finale de la Carling Cup (Coupe de la Ligue anglaise) à Wembley, en février dernier, face aux Reds de Liverpool. « Quel bonheur et quelle fierté de jouer cette finale, se remémore le natif d’Essey-lès-Nancy. Jouer dans un stade comme Wembley où tout compétiteur rêve de jouer au moins une fois dans sa carrière, c’est indescriptible. Nous avons tenu le choc face à un gros calibre de la Premier League. Même si l’histoire se finit mal, cela reste un grand souvenir. » Battue aux tirs au but par Liverpool après un score vierge, l’équipe de Cardiff et son coach Malky Mackay ont réussi leur pari. Rudy lui, rumine encore son échec dans la séance de tirs au but, face à Pepe Reina. « Sur le coup, tu prends une grosse claque et tu as l’impression que le ciel te tombe sur la tête. Tu te sens seul sur le moment et puis ça passe… » Blessé en fin de saison dernière, Gestede a manqué le début de saison de son équipe et revient seulement sur les pelouses anglaises. Récemment, Jürgen Klinsmann himself s’est renseigné sur l’attaquant français, dont le grand-père, Américain, vit à Atlanta. « C’est vrai que j’ai annoncé il y a quelques mois que j’étais disponible pour jouer avec la sélection des États-Unis. Ce serait un honneur d’y jouer. » Pour le moment, l’ancien sélectionneur allemand à la tête des USA n’en est resté qu’au stade du renseignement. « Je dois encore prouver mon niveau en D2 anglaise. Et qui sait, jouer après en Premier League pour définitivement le convaincre ? » De Metz à la Premier League, il n’y a qu’un pas ?

Cardiff, l’équipe galloise dans le championnat anglais

Le championnat de football du Pays de Galles a la particularité de ne pas avoir dans ses rangs les deux équipes les plus importantes du pays : Swansea AFC et Cardiff City. Créé en 1992, ce championnat n’a jamais pu compter sur ces deux équipes, celles-ci refusant clairement la demande de l’UEFA de basculer du championnat anglais, qu’ils fréquentaient jusqu’alors, au championnat du Pays de Galles. Swansea, aujourd’hui en Premier League, et Cardiff, en npower Championship (D2 anglaise), ne sont donc jamais apparus dans le palmarès du championnat qui compte notamment Barry Town FC et The New Saints comme multiples vainqueurs. Wrexham AFC, Newport County (D5 anglaise), Colwyn Bay (D6) et Merthyr Tydfil (D7) ont suivi le mouvement de ces aînés et naviguent dans les bassesses du championnat anglais.

Photo : DR - Article publié le 24 janvier 2013

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