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Pirès : « Jamais je n’aurai imaginé faire une telle carrière »

Champion du Monde, d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, Robert Pirès est sans conteste l’un des footballeurs français les plus marquants de ces quinze dernières années. A l’occasion de sa retraite sportive officielle, voici l’interview que Robert Pirès avait donné pour Moselle Sport.

Le championnat français

Votre départ en 1998, marque pour beaucoup la fin de la belle époque du FC Metz. Sans fausse modestie, pensez-vous qu’il y a une part de vérité ?

J’ai l’habitude de dire que tout seul, on ne peut rien faire. Mon départ a coïncidé avec d’autres : Pouget, Lang, Song… Toute une génération s’est dispersée en même temps. Ce qui a forcément fait mal au club.

 

Vous êtes unanimement le joueur qui a le plus marqué bon nombre de vos ex coéquipiers au FC Metz. Vous sentiez vous capable de faire une aussi belle carrière ?

Non. Je l’ai d’ailleurs dit dans mon livre autobiographique* : je m’imaginais davantage signer un contrat pro au Stade de Reims et faire une carrière honnête dans mon club formateur. Ma carrière, je la dois à deux clubs : le Stade de Reims forcément et le FC Metz qui m’a fait signer mon premier contrat professionnel.

 

Vous avez marqué vos coéquipiers de l’époque. Mais vous, qui vous a marqué ?

Philippe Vercruysse. Son arrivée lors de la saison 1994-1995 m’a fai énormément de bien. Nous étions au fond du classement et je n’avais pas encore cette capacité à tirer l’équipe vers le haut. Il m’a alors dit : « joue comme tu sais jouer. Je m’occupe du reste. » Résultat : nous avons fini à un point d’une place qualificative en coupe d’Europe.

 

En 2011, vous avez refusé une offre d’Evian Thonon Gaillard. Regrettez-vous cette décision ?

Je tiens à apporter une petite nuance. Les dirigeants d’Evian ont pris contact avec moi par le biais de Bixente Lizarazu. Je leur ai dit que j’avais besoin de réfléchir. Puis les contacts se sont arrêtés là.

 

Robert Pirès, entraîneur. Est-ce une possibilité ?

Non. Je n’ai pas assez de caractère pour faire face aux dirigeants. À la rigueur, je me vois bien en adjoint. L’idéal ? Être aux côtés d’Arsène Wenger !

 

Les championnats étrangers

 

L’Angleterre a profité des meilleures années Pirès. Comment résumeriez-vous votre passage à Arsenal ?

J’ai atteint le summum du football et ce, à tous les niveaux. J’y ai passé six années formidables : j’ai eu la chance de bénéficier d’une formation solide à la France, l’une des meilleures en Europe à mon avis. Puis, évoluer sous la houlette d’Arsène Wenger est une chance qui se mesure au quotidien. Avec un tel coach, vous ne pouvez que progresser. Il ne m’a jamais mis la pression et a toujours cru en moi. Mon parcours est d’une certaine façon, à mettre en parallèle avec celui d’Olivier Giroud : j’ai connu à peu de choses près la même situation que lui. On ne lui fait pas de cadeau et il y a une pression énorme sur lui. Puis succéder à Van Persie, c’est très compliqué. Mais je lui fais confiance. Je le vois mettre au moins quinze buts cette saison.

 

Vous avez ensuite joué à Villareal avec le succès que l’on sait** avant de retourner en Angleterre à Aston Villa. Mais vous n’êtes jamais allé au Portugal, patrie de votre père. L’occasion ne s’est jamais présentée ?

Si, elle s’est bel et bien présentée. Le grand Benfica me voulait au terme de la saison 1996-1997 ainsi que la Juventus de Turin. Carlo Molinari m’aurait bien envoyé en Italie mais je voulais rester. Puis surtout, à Metz, j’étais certain de jouer. Bien entouré par Carlo et Joël Muller qui m’avait laissé les clés de la maison, j’ai bien fait de rester !

 

Une fin de carrière aux USA avait été évoquée. Finalement, cela ne s’est pas fait…

J’aurai dû signer deux ans au Los Angeles Galaxy mais le président du club de Philadelphie m’a barré la route. J’avais été drafté*** par ce dernier mais j’avais décliné son offre. Il m’a donc mis les bâtons de roue.

 

Les Bleus

Champion du Monde, champion d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, vous avez tout gagné en Bleu. Vous-a-t-il manqué quelque chose ?

Rien du tout. Pour moi, il était impensable que je sois un jour en équipe de France. Et pourtant, j’ai porté 79 fois le maillot bleu. Puis, j’ai eu la chance d’être dans la bonne génération.

 

Suite à des déclarations dans la presse après l’Euro 2004, vous êtes mis au ban de l’équipe de France par Raymond Domenech qui ne vous sélectionne au Mondial 2006 malgré votre mea-culpa. Le regrettez-vous aujourd’hui ?

Pas le moins du monde. J’ai dit ce que les autres pensaient tout bas. L’avenir m’a donné raison.

 

Accepteriez-vous de jouer les grands frères comme Zidane ou Barthez ont pu le faire en leur temps ?

Sans problème. J’accepterai volontiers si l’occasion se présenterait. Le maillot bleu se respecte comme il se doit.

 

Pour finir, quel joueur de l’équipe de France s’est-il le plus rapproché le plus de vous en termes de jeu ?

Franck Ribéry. Nous avons un parcours similaire. Nous sommes tous les deux passés par le FC Metz, l’Olympique de Marseille et par un grand club étranger, le Bayern pour lui, l’Arsenal pour moi. Puis, nous évoluons dans le jeu à gauche. Soit beaucoup de similitudes.

Photo : DR - Article publié le 29 février 2016

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