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Balbir : « Le grand malheur des Bleus, c’est son avant-centre »

Épisodiquement, nous vous proposons un entretien avec un expert du sport, afin de faire avec lui un tour d’horizon de l’actualité sportive, sans langue de bois. Après Bernard Zénier, Younès El-Aynaoui ou encore Dominique Chapatte, place à Denis Balbir, qui nous fait partager son avis aiguisé sur la saison de football qui vient de s’écouler. Extraits.

Quel bilan tirez-vous de la saison 2012-2013 de Ligue 1 ?

D. B. : C’était une belle saison avec une équipe, le Paris Saint-Germain, qui a tiré ce championnat de Ligue 1 vers le haut, en la remportant sans l’écraser donc ce fut haletant. On a eu la confirmation que Zlatan Ibrahimovic est un joueurs extraordinaire comme il l’avait prouvé en Italie ou en Espagne, que Saint-Étienne pouvait revenir sur le devant de la scène avec sa victoire en Coupe de la Ligue, son bon classement en fin de saison tout en proposant du beau jeu, que Marseille a étonné tout le monde en se maintenant dans le trio de tête toute la saison alors qu’on leur promettait un exercice difficile, et que Lyon avait encore les capacités de jouer la Ligue des Champions. C’était très intéressant.

La descente de l’AS Nancy-Lorraine vous a-t-elle surpris ?

D. B. : Oui, car on avait pris l’habitude qu’ils s’en sortent avant la dernière journée. Nancy, ce club avec des valeurs simples, son président qui bataillent chaque année pour maintenir son club malgré des moyens considérablement inférieurs à d’autres équipes… Donc c’est une surprise, d’autant plus qu’avant la rétrogradation de l’ASNL, ils avaient réussi l’exploit de sortir de la zone rouge en réalisant une série extraordinaire. Et puis, cela m’a déçu car j’apprécie ce club, son staff et ce président donc la descente de Nancy est le véritable point noir de cette saison, en effet.

À l’échelon inférieur, ils retrouveront le FC Metz. Quel rôle peuvent jouer les Grenats en Ligue 2 ?

D. B. : Ils ne peuvent jouer aucun rôle. Jouer un rôle, ça sous-entend de tenter de monter en Ligue 1 et c’est impossible de mon point de vue. C’est un club qui a été meurtri par sa descente en National et brûler les étapes, cela ne servirait à rien. De plus, pour brûler les étapes, faut-il pouvoir le faire financièrement et je ne crois pas que ce soit le cas du FC Metz. Il faut se baser sur les jeunes, un recrutement malin avec des joueurs habitués à la Ligue 2 et on sait que pour remonter ou même viser le top 10, il faut surtout des joueurs capables de marquer pas mal de buts. Il faut faire les choses étape par étape.

Il y a presque un an, dans nos colonnes, vous vous étiez félicité de la nomination de Didier Deschamps à la tête des Bleus. Dix mois plus tard, y voit-on plus clair sur le potentiel de cette équipe de France ?

D. B. : On y voit un peu plus clair effectivement avec la confirmation de talents comme Mathieu Valbuena ou Franck Ribéry, on a plus de certitudes à certains postes comme celui de gardien de but avec Hugo Lloris, et on voit que défensivement, même si il n’y a pas de titulaires indiscutables, c’est solide. Et il y a Matuidi qui s’avère être un capitaine en puissance et un élément essentiel de l’entrejeu des Bleus après la superbe saison qu’il a faite avec le PSG.  Mais la grande incertitude et le grand malheur de cette équipe de France, c’est qu’elle n’a toujours pas d’avant-centre. Et ce qui est inquiétant, c’est de voir Benzema titulaire à chaque fois quand d’autres, Gignac par exemple, sortent d’une saison réussie avec de nombreux buts à la clé. Ne pas voir Gignac en Bleu était quelque chose d’incompréhensible selon moi. Le point noir de la formation de Didier Deschamps est l’efficacité devant le but. Il faudra vite y remédier.

Photo : DR - Article publié le 4 septembre 2013

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