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XTerra : Un Mosellan sur le toit du monde

Au même titre que son collègue Matthieu Paolillo dont nous avons déjà parlé, Romaric Delépine fait partie de ces Ovnis qui s’envolent à Hawaï pour y vivre l’enfer. Et revenir accessoirement avec un titre de champion du monde en XTerra. Portrait.

Apparu pour la première fois en 1996 aux États-Unis sous le nom d’aquaterra, le XTerra se décline en trois pratiques d’endurance, tout comme le triathlon. Seule différence par rapport à son illustre aîné : un programme qui se décline en mode sauvage. En effet, la nage se pratique en eaux vives (ou en mer), le vélo sur route cède sa place au VTT et ses parcours escarpés tandis que la course à pied se transforme en trail qui privilégie le hors-piste. Une suite logique pour un triathlète à en croire Romaric Delépine, maître-nageur à Faulquemont et surtout champion du monde de sa catégorie en XTerra depuis octobre 2013. Le Vosgien d’origine et Mosellan d’adoption, est monté sur le toit du monde avec pourtant que très peu d’expérience en XTerra. « Je n’ai commencé le triathlon qu’en 2003, pendant ma formation de maître-nageur. » À l’origine, rien ne le prédestinait vraiment à cette discipline. J’ai toujours été fondu de sports. J’ai pratiqué tout ce qu’un gamin était en capacité de faire : du football, du judo, du handball, de l’aviron ou encore du skate-board. » Ce n’est qu’à l’âge de treize ans que le jeune Romaric se découvre une passion : celle de l’équitation. « Mon père étant moniteur au centre équestre de Saint-Avold, j’ai forcément baigné dans l’univers du cheval. Comme j’avais la chance d’avoir quelques prédispositions pour ce sport, j’ai gravi les échelons à la vitesse Grand V ! » Tant et si bien qu’aux championnats de Moselle succèdent ceux de Lorraine puis les Nationaux avant de gagner les championnats d’Europe par équipe en 1998, à l’âge de 22 ans.

Adepte de la méthode « Harel »

« Puis je suis passé de l’autre côté. Celui du moniteur. » Un métier qui ne l’a pas vraiment passionné surtout lorsque l’on a connu l’adrénaline de la compétition. En 2003, revirement à 180° pour s’inscrire en licence Staps. « Je loupe le Capes deux fois et à la recherche d’un travail, je me retrouve face à une annonce de maître nageur. » Il accroche rapidement, passe ses diplômes et coache même avec un certain succès la section sportive de la piscine de Faulquemont jusqu’en 2011. En parallèle, il s’investit dans le triathlon tout en s’essayant également au cyclisme de haut niveau. « Je suis toujours resté fidèle au club de Metz pour le triathlon. Idem pour le vélo où je suis sociétaire du club des 3 frontières de Kédange-sur-Canner. » Connu comme le loup blanc sur les circuits cyclistes de France et de Navarre, Romaric utilise ses talents de vététiste lors des épreuves combinées. « J’applique, ce que j’appelle, la méthode Harel (du nom de Jean-Louis Harel, le cycliste mosellan, détenteur d’une médaille olympique, NDLR). En clair, en triathlon ou en XTerra, c’est sur un vélo que l’on passe le plus de temps. Et c’est donc au guidon qu’il faut être le plus performant. » Le maître nageur qui n’est pas l’un des premiers à sortir de l’eau  – ne dit-on pas que ce sont les cordonniers qui sont les plus mal chaussés – se retrouve aux avant-postes en vélo et n’a plus qu’à gérer sa fin de course. « Un schéma qui vaut pour les compétitions régionales mais qui ne vaut pas forcément pour les niveaux supérieurs et notamment en XTerra. »

Dans le Top 5 mondial

Pour atteindre le Graal la saison dernière, Romaric a su déjouer les pièges des qualifications obligatoires pour se rendre à Hawaï. « Je m’étais inscrit en Suisse avant la course de Xonrupt. Sur les terres helvétiques, le temps était tellement exécrable que le triathlon qualificatif s’est transformé en duathlon. Je me suis qualifié et je suis arrivé sans pression dans les Vosges. Résultat : je me suis fait « taper » par mon adversaire direct, Nicolas Durin, qui m’a ravi le titre national à cette occasion. » De fait, avant son départ pour les îles Hawaï, Romaric met les bouchées doubles en course à pied afin de ne plus se laisser distancer sur l’épreuve reine. « Le travail a payé puisque j’ai terminé avec 3 minutes d’avance sur le même Nicolas Durin. » Ira-t-il défendre son titre de champion du monde 2014 à Hawaï ? « Rien n’est moins sûr. J’ai prévu des courses jusqu’à Xonrupt-Longemer : triathlon vert au Luxembourg, départ en Israël avec le comité de Moselle de cyclisme, cross de triathlon dans le massif des Maures avant, je l’espère, finir dans le Top 5 dans les Vosges. » 5, c’est également à peu de choses près, le nombre de Français qui brillent sur le XTerra à l’échelle planétaire. Un Top 5 dont Romaric fait d’ores et déjà partie.

Le XTerra

L’appellation XTerra provient d’un label mis en place sous forme de franchise par une société privée américaine qui organise plusieurs circuits de compétition qui s’achèvent en apothéose à Hawaï. Rattachée à l’International Triathlon Union (ITU), la discipline XTerra n’est pas encore reconnue par la Fédération française de triathlon. Mais selon le directeur technique national, « la fédération se penche sur son intégration, dans une perspective de développement de la pratique au niveau national. » Si des courses ont été organisées en France, elles ne sont pas très intéressantes d’après Romaric Delépine. « Une course s’est déroulée à Versailles mais elle n’avait pas la même saveur qu’un vrai XTerra : manque de dénivelés, de surfaces rocailleuses… »

Photo : DR - Article publié le 11 avril 2014

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