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Patrick Weiten : « À Rio, je table sur 5 médailles dont 2 en Or »

Nous en avons pris l’habitude. En effet, chaque année, nous avons l’opportunité de dresser un bilan du sport sur le territoire avec Patrick Weiten, le Président du Conseil Départemental de la Moselle. 8 questions pour un point complet. Entretien.

Le Conseil départemental est à l’origine d’un certain nombre de dispositifs innovants en matière de sport. Moselle Sport Académie est devenu un exemple au niveau national et les « Belles Rencontres » ont obtenu le prix Territoria d’Or fin 2015. Comment voyez-vous l’avenir de ces deux initiatives ?

Commençons par celle qui a été lancée la première le 14 mars 2012. Moselle Sport Académie a un avenir important dans la mesure où le gouvernement se pose la question de l’organisation du sport de haut niveau voire du sport professionnel. Car notre pays n’a pas mis en œuvre les moyens nécessaires pour que nos sportifs puissent évoluer dans un cadre adapté aux exigences du sport professionnel. Puisqu’on sait que ces sportifs ont une vie éphémère, l’objectif de Moselle Sport Académie est de prendre en charge ces sportifs le plus tôt dans une démarche individuelle, à la fois pour dresser un état des lieux psychologique, social, familial et physique et ensuite pour les accompagner durant toute leur carrière afin qu’ils aient un statut, une organisation administrative, une sécurité financière. C’est aussi un accompagnement en termes de formation ainsi que la mobilisation d’un réseau de partenaires. À chaque fois qu’on la fait, les résultats s’en sont ressentis. Aurélie Muller en est un exemple éloquent. À l’avenir, il faudra développer Moselle Sport Académie à l’échelle de notre région, Jean-Paul Omeyer* y a prêté une oreille attentive. Actuellement, dans le cadre du dispositif, 116 athlètes sont actuellement suivis et 18 ont bénéficié d’un emploi car tous ne feront pas forcément du haut niveau. Quant aux Belles Rencontres, le dispositif est issu de l’émotion ressentie lors de l’une de mes premières visites effectuées au Centre départemental de l’enfance. J’avais dit lorsque j’avais été installé à la présidence du conseil départemental que l’enfance en difficulté était la grande cause du CD57. Nous avons mis des moyens pour réduire la population admise en CDE, non pas pour leur interdire l’accès mais surtout pour trouver des solutions de sorties. On a travaillé pour accroître le nombre de familles d’accueil (une soixantaine supplémentaire), mis en place des SERAD (Service d’éducation renforcée à domicile) et l’accueil dans les Maisons d’enfants à caractère social, structures adaptées dans des conditions qui soient acceptables. J’ai posé la question de savoir si les enfants étaient accueillis au stade : on m’a dit que c’était trop compliqué. Depuis, nous avons y remédié. Ensuite est venue naturellement l’idée d’amener les sportifs vers les jeunes. C’était le 1er mars 2014 avec Christophe Lemaître. Un moment d’une intense émotion. Enfin, on a eu l’immense fierté d’avoir été distingué au niveau national par le Territoria d’Or et remarqué par l’Unicef. Je peux vous dire que le partenariat ne s’arrêtera pas. Je rêve d’un champion olympique à Rio qui rentre dans une MECS. Ça sera exaucé.

Peu à peu, l’handisport mosellan acquiert ses lettres de noblesse au niveau international, à la fois au travers de ses athlètes (Anita Fatis, Nicolas Peifer), ses clubs (handibasket de Saint-Avold) ou de la politique du conseil départemental. En quoi la cause handisport est-elle l’une de vos priorités ?

Parce que ce sont des gens de cœur, de courage et de grande fierté. Ils arrivent la fois à être des combattants sportifs et des combattants de la vie. Ils le font avec une énorme humilité alors que c’est incommensurable ce qu’ils font. La Moselle est le département le plus fertile dans les résultats en matière d’handisport. On a aussi la chance d’avoir un président dynamique, Jean-Marie Donatello. Je crois qu’on lui doit beaucoup.

Suite à des circonstances tragiques, vous êtes désormais député de la Moselle. Représentation nationale dont vous êtes coutumier dans la mesure où vous siégez également au Centre national pour le développement du sport (CNDS). En quoi des fonctions nationales peuvent aider un territoire notamment en termes de sport ?

En représentant un territoire, on a vocation à valoriser les politiques de proximité au niveau national. Tout ne se fait pas à Paris, ni depuis ou vers Paris, qu’il y a au-delà du périphérique parisien aussi une vie et que si nous agissons, c’est dans l’intérêt des Français, des contribuables, des électeurs, des usagers. Je pense qu’il ne faut jamais l’oublier. Dans les fonctions au CNDS, il faut faire profiter à la Moselle de ces nouvelles lois, de ces engagements puis inversement de faire profiter l’État des opportunités, des réalisations. On a des choses à dire.

Le Grand Est entraîne également un grand nombre de bouleversements à l’échelle régionale, notamment la redéfinition des ligues et la réorganisation des championnats. Comment la Moselle et ses comités départementaux dans les différentes disciplines avancent dans le processus ?

Là aussi, les Parisiens ont considéré qu’il était simple de faire des grandes régions. Le Premier Ministre a dit qu’en supprimant les départements, ça allait être plus simple. C’est faux. Qu’on allait gagner de l’argent, c’est faux. Aujourd’hui, on encaisse la succession de ces contre-vérités, de fautes profondes que l’on a commises dans cette loi NOTRE. Parce que la conséquence n’est pas que politique, administrative et fonctionnelle. Elle est économique – toutes les chambres consulaires doivent se réorganiser – sportive, culturelle, sociale et j’espère qu’elle ne sera pas trop politique. À force d’éloigner le pouvoir des gens, d’organiser des structures inadaptées, des questions vont se poser. En termes de sport, je pense que ça va être difficile. Quand vous jouerez en championnat régional, vous allez faire Saint-Dizier/Strasbourg. Les questions se posent dans toutes les fédérations.

Cette année, le Grand Est ne reçoit pas l’Euro, mais uniquement le match de préparation de l’équipe de France à Metz le 4 juin dernier. A contrario, la ville de Metz a été sélectionnée pour les Mondiaux de Hand en 2017. N’y voyez-vous pas un immense gâchis ?

Nous avons eu la chance d’avoir un match de préparation France-Écosse et on est à la limite des 30 000 spectateurs qui est le seuil. On a une salle de 5 500 places qui n’est pas à la hauteur des grands événements. Nous avons les championnats du monde de handball : qu’on en profite car ça sera la dernière fois. Si on veut une attractivité sportive comme on a l’attractivité culturelle, il faut s’en donner les moyens. J’ai toujours dit qu’il nous fallait le Pompidou du Sport. C’est indispensable car cela rassemble toutes les tranches d’âge. Nous aurions pu avoir les championnats d’Europe : David Douillet m’avait promis 10 millions d’aides de l’État. On ne se poserait plus la question des investissements des travaux de la Tribune Sud. Ça serait déjà fait. Nous aurions pu avoir une existence métropolitaine entre Lille et Lyon et donner un rayonnement à la Ville de Metz, à la Moselle, à la Lorraine et à l’Est de la France.

Pour le passionné de sports que vous êtes, pourriez-vous tirer le bilan de la saison sportive des principaux clubs mosellans ?

Dans le sport, je n’ai jamais été adepte de Coubertin. L’objectif du FC Metz – féminines inclus – a été atteint. Metz Handball a acquis son 20e titre de champion de France. À Metz TT, il manque le petit truc qui leur fera toucher le firmament européen. Le TFOC Volley a une armature sportive de qualité, un entraîneur de talent. Ils ont fait de bons recrutements avec des joueuses qui se sont épanouies. Ils vont mettre en place un centre de formation. Enfin, grâce à l’Union Sainte-Marie Metz, le basket renaît en Moselle. Je suis heureux de retrouver le club à ce niveau car il y a vraiment quelque chose à faire dans le cadre de la formation.

 Quels sont vos pronostics quant aux sélectionnés  à Rio ?

Je table sur cinq médailles dont deux en or avec Aurélie Muller (natation) et Simon Delestre (équitation).

 

*Président de la commission Sport à la région Acal.

**La Sodevam accompagne les collectivités et acteurs locaux du territoire mosellan à tous les stades de leurs projets : aménagement, construction, études & conseils, services.

Photo : Moselle Sport - Article publié le 1 août 2016

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