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Donner les moyens aux sportifs de défendre leur statut

Une nouvelle fois, la Moselle créé l’événement. Elle est à l’initiative de la création de l’Union nationale des sportifs professionnels et de haut niveau. Explications.

Aujourd’hui, 95 % des sportifs de haut niveau pratiquent une activité principale à risques en ayant pour seule protection la licence sportive. Une situation intenable à laquelle le Conseil Départemental de la Moselle apporte une solution depuis mars 2012. En effet, le dispositif Moselle Sport Académie que vous connaissez bien désormais, a permis de modéliser une démarche de sécurisation des parcours des meilleurs sportifs du département, d’optimiser le statut (régime de prévoyance) pendant la carrière et de finaliser un dispositif d’accompagnement à la reconversion. Un pas de géant qui aura vraisemblablement valeur d’exemple à l’avenir, voire de jurisprudence dans la mesure où le pilote du dispositif Moselle Sport Académie a été auditionné le 9 janvier dernier dans le cadre de la commission Karaquillo dont la vocation est de formuler des préconisations permettant de proposer une évolution du statut du sportif de haut niveau et de celui de sportif professionnel. Un ensemble d’actions qui a conduit naturellement à la mise en place de l’Union nationale des sportifs professionnels et de haut niveau. Une union créée dans « l’intérêt des sportifs, qui permettra de renforcer le pouvoir d’action et de représentation des sportifs professionnels », selon Philippe Gonigam, à l’origine de l’initiative et président de l’Union.

Pour que les recommandations se transforment en lois

Il faut envisager la vocation de syndicale de l’Union dans le sens noble du terme. À savoir, « comme une force de proposition auprès des législateurs. Afin que les recommandations se transforment en lois mais pas seulement, poursuit Philippe Gonigam. L’union se présentera également comme une force de réflexion avec l’installation de commissions dédiées à l’handisport, au sport de haut niveau féminin, à la prévention et à la lutte contre le dopage. Dès sa création, cette Union a d’ores et déjà mis en place des actions. « Nous souhaitons que le ministère puisse envisager la création d’un baccalauréat professionnel dédiéaux sportifs en centre de formation des club professionnels, proposons l’inscription obligatoire des sportifs en phase de professionnalisation à la préparation du Diplôme universitaire de management d’une carrière de sportif professionnel ainsi que l’inscription au diplôme universitaire de management d’une carrière de sportif professionnel dans le code du sport. Ce qui devrait permettre de rendre possible la cohabitation d’un contrat d’aspirant ou d’un contrat de stagiaire professionnelavec les dispositions de formation professionnel. Enfin, nous œuvrons pour la promotion en faveur de la souscription d’un contrat de travail pour tout sportif ayant pour activité principale la pratique d’un sport à haut niveau. » Une dernière disposition qui implique le recours au portage salarial afin que les sportifs de haut niveau engagés dans un sport n’ayant pas encore un secteur professionnel de bénéficier d’un contrat de sportif professionnel.« Dans ce cadre, l’intervention législative est nécessaire afin d’ouvrir le portage aux sportifs professionnels en intégrant cette activité dans le champ d’application du dispositif. Ceci implique que le portage soit considéré comme un véritable statut à mi-chemin entre le salariat classique et l’entreprise individuelle. » Pour appliquer la démarche du portage, il faudra veiller à assouplir les dispositions résultant de l’accord professionnel du 24 juin 2010 : notamment à étendre le portage aux non-cadres sportifs professionnels (ce qui n’est pas possible aujourd’hui), d’abaisser le seuil de rémunération minimale (le montant actuel étant excessif au regard des capacités de nombreuses associations) et d’introduire une cause spécifique de rupture du CDI qui doit être légalement aménagée afin de tenir compte des fins de carrière sportives, sans exposer l’entreprise de portage aux risques des licenciements pour les motifs actuellement admis.

Les membres de l’Union nationale des sportifs de haut niveau

Président : Philippe Gonigam – Vice-président : Stéphane Caristan – Secrétaire : Julien Boutter – Trésorière : Marie-Christine Cazier – Trésorier adjoint : Stéphane Molliens – Membres du conseil d’administration : Vincent Anstett, Jean-Michel Bellot, Guillaume Burger, Ladji Doucouré, Paoline Ekambi, Anita Fatis, Emmanuel Gonigam et Nina Kanto.

 

2 questions à… Stéphane Caristan

Champion d’Europe, du Monde et double finaliste olympique sur 110 m et 400 m, Stéphane Caristan, l’ancien directeur des équipes de France à la Fédération française d’athlétisme, est devenu le vice-président de l’Union nationale des sportifs professionnels et de haut niveau. Il nous parle du rôle et des missions de ce syndicat inédit.

Qu’est-ce qui vous a conduit à intégrer le mouvement de création de l’Union des sportifs de haut niveau ?

Il y a un homme idoine, c’est Philippe Gonigam qui fait partie de la grande famille de l’athlétisme. Quand il m’a parlé de ce projet, je lui ai dit que ça faisait résonance pour moi depuis une trentaine d’années. La France est la championne du monde des « y a qu’à » et des « il faut que » mais sans apporter de solution. Le syndicat en est une. Faire prendre conscience aux sportifs que leur image est leur outil de travail.

Justement, à quoi servir très concrètement l’Union nationale des sportifs professionnels et de haut niveau ?

Comme je vous l’ai dit, je suis très impliqué sur le sujet depuis une trentaine d’années. J’ai fait partie des membres fondateurs du Groupement des athlètes français (Gaf) en décembre 1994 dont Stéphane Diagana a été le premier président. C’était une force de proposition pour la Fédération. C’est tout ça qui voit le jour aujourd’hui avec ce syndicat, cette Union qui a vocation à avoir un véritable poids sur les instances de l’État, les structures et les partenaires. Il faut que l’on fasse prendre conscience aux sportifs de haut niveau qu’ils ont des devoirs certes mais aussi des droits. Nous sommes aussi là pour leur démontrer la vraie valeur de leur statut et de leur permettre d’anticiper sur la valeur de leur propre image.

Photo : Moselle Sport - Article publié le 29 juillet 2015

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