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A la découverte du horse-ball

En démonstration aux jeux mondiaux d’équitation qui se sont déroulés récemment, le horse-ball a aussi été mis sous le feu nourri des médias grâce à Nicolas, le candidat Meurthe et Mosellan de la saison 9 de l’Amour est dans le Pré. Moselle Sport est allé à la rencontre cette discipline au club d’Hattigny, à proximité immédiate de Center Parcs.

L’Argentine et l’Afghanistan. A priori, aucun rapport. Mais si on parle de horse-ball, il en est tout autrement. En effet, pour certains, la discipline tirerait son origine du Pato argentin, sport collectif équestre qui se joue avec une balle munie de six sangles de cuir avec l’objectif d’aller marquer des buts dans le camp adverse. Pour d’autres, le horse-ball aurait des origines plus « viriles », pour ne pas dire autre chose…Le bouzkachi ou dispute violente entre deux équipes de cavaliers qui s’arrachent le cadavre d’une chèvre décapitée… Bref, quelque chose qui fait vraiment froid dans le dos ! Fort heureusement, à Hattigny, en Moselle, l’approche est moins virulente. « Avant de parler compétition, on a axé sur le côté ludique du horse-ball », souligne avec le sourire Virginie Dreidemy, l’un des trois associés gérants du centre équestre du Haut-Bois à Hattigny. Rien ne prédestinait pourtant la structure au horse-ball. « Le centre avait à l’origine une vocation dédiée aux balades à cheval en famille. Nous dispensons également des cours d’équitation. Le horse-ball n’est venu que trois ans après les débuts du centre équestre », poursuit Virginie. Titulaire du BPJEPS, Virginie Dreidemy a passé son monitorat sous la houlette de Christophe Desormeaux, l’entraîneur national de Horse-Ball. Ce qui explique le pourquoi du comment. Mais pas seulement. « Nombre de parents de jeunes enfants inscrits au club sont très actifs. Puis les jeunes ont du potentiel. Ce qui nous a sans doute poussé mes associés (Gilles Houillon et André Adnot, NDLR) à ouvrir une section de horse-ball. » Une décision couronnée de succès dans la mesure où les Poussins (9-10 ans) et Benjamins (11-12 ans) ont accédé aux podiums départementaux (tous deux vice-champions) et régionaux (les Poussins ont ramené une médaille de bronze).

Aller au contact

Le principe du horse-ball : les joueurs se disputent un ballon muni de six sangles de cuir afin d’aller marquer des buts dans le camp adverse en faisant un minimum de trois passes. Le « rug » (le terrain pour les initiés) est une étendue plane, de sable ou d’herbe, de 60 à 70 mètres de longueur sur 20 à 30 mètres de largeur. À son extrêmité, se trouvent les buts qui sont constitués d’un arceau métallique d’un mètre de diamètre placé à 4 mètres de hauteur. Lors de la pratique de cette discipline, les contacts sont très fréquents, et les cavaliers encouragent souvent leurs chevaux à aller énergiquement au contact des autres pour les marquer, afin de permettre au cavalier de subtiliser le ballon adverse, voire de dévier la trajectoire de l’adversaire. Les chevaux sont lancés dans des galops effrénés. « D’où l’importance d’avoir des chevaux rompus à ce type d’exercice. Pour nos jeunes cavaliers plutôt volontaires et aimant particulièrement la vitesse, les poneys dédiés à la balade au caractère pépère, n’étaient pas vraiment adaptés ! En clair, il faut une bonne année pour faire d’un poney traditionnel, un poney de horse-ball. Un cheval joueur, muni d’un gros cœur pour galoper et qui n’hésite pas à aller au contact. »

 

Si la discipline commence peu à peu à se faire connaître dans notre secteur, elle peine encore en Moselle. « Il y a seulement quatre clubs. Le nôtre, celui de Yutz et deux autres à Metz. En revanche, en Meurthe et Moselle, la discipline s’est largement développée. Rien qu’autour de Nancy, il y a Seichamps, Art-sur-Meurthe, Lunéville, Moncel et j’en passe… » Des clubs Meurthe et Mosellans qui évoluent jusqu’en Élite, la Ligue 1 du horse-ball. Avec des champions de France dans leurs équipes, à l’image de Nicolas, le candidat de l’Amour est dans le Pré qui a vraisemblablement contribué à donner un coup de projecteur sur la discipline. « Néanmoins, je pense que le chemin sera encore long pour que le horse-ball devienne olympique. Nous avons tout de même eu les honneurs des jeux mondiaux d’équitation qui se sont déroulés en Normandie dernièrement. L’équipe de France y a fait une belle démonstration. »

 

La saison prochaine, le club espère faire aussi bien qu’en 2013-2014. « Nous avons tout de même toute l’équipe des Benjamins à reconstruire de A à Z. » En espérant réitérer la 2e place, voire monter sur la plus haute marche du podium pour les Poussins. Car Hattigny en a désormais les moyens.

Un peu d’histoire

Dans les années soixante-dix, la Fédération Française d’Équitation, présidée par Christian Legrez, décide d’innover en matière d’enseignement de l’équitation en introduisant les Jeux équestres. Le pato indoor, ancêtre du horse-ball ; est alors pratiqué en Provence et en Centre Val de Loire, grâce à deux hommes précurseurs pour le développement des Jeux équestres : Pascal Marry et Jean-Claude Gast. Suite à l’investissement de ces deux hommes au sein de la commission des Jeunes et des Jeux, le premier match de pato indoor est organisé au Salon du Cheval en 1977. Le jeu est renommé « horse ball », et doté d’un règlement spécifique. À la fin les années quatre-vingt, la place du horse ball au sein de la commission des Jeunes et des Jeux devient de plus en plus importante. Une commission spécifique est créée, sous la présidence de Jean-Paul Depons.

Photo : DR - Article publié le 16 décembre 2014

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