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Holtz : « Le sport : une façon de se rapprocher les uns les autres »

À la retraite télévisuelle depuis le mois dernier et faisant l’objet d’un hommage ce week-end sur France 2, Gérard Holtz, le journaliste de France Télévisions s’était prêté de bonne grâce, lors de son passage en Moselle en 2015, au jeu des questions réponses. Avec l’enthousiasme qu’on lui connaît et surtout sans langue de bois.

Quelles sont les raisons qui vous ont conduit à honorer l’invitation du conseil départemental de la Moselle ?

Grâce à la soirée « La Moselle et ses champions », j’ai eu l’occasion d’aller à la rencontre des sportifs mosellans, de partager un moment avec eux et surtout de mieux les connaître. Puis sur tous ces athlètes, il y a tout de même 121 titres de champion de France ! Ce n’est pas rien. Ils représentent tous le SPORT au sens noble du terme. Pour moi, un bienfait social, une façon de se rapprocher les uns et les autres, tous milieux confondus, du patron d’entreprise à l’ouvrier. Le sport, c’est en définitive être mieux dans sa peau, mieux dans sa tête et mieux avec les autres.

Vous êtes l’un des journalistes sportifs les plus capés du service public. Si vous ne deviez retenir que trois moments clés de votre carrière, quels seraient-ils ?

Il y a d’abord eu le 7 d’Or en 1985. À cette époque, on avait inventé le journal du Tour et on était passé d’1 à 7 millions de téléspectateurs en très peu de temps. Tout le monde attendait Robert Chapatte pour ce premier 7 d’Or du journaliste sportif. Et c’est là que j’ai entendu mon nom ! Un prix symbole de la reconnaissance de toute la profession parce que tout le monde votait : de la maquilleuse au P-DG en passant par les cameramen et les journalistes. C’était extrêmement touchant.
Puis il y a tout ce qui a touché à Laurent Fignon. Lorsqu’il était coureur, sans arrêt, c’était électrique, notre relation passait par des hauts et des bas. Soit il était très sympa, soit carrément odieux. Il m’a tout de même offert l’un des plus gros scoops de ma carrière en me permettant d’annoncer son abandon dans le Tour de France 1986, où il bataillait face à Bernard Hinaut. Lorsqu’il a arrêté le vélo, c’est devenu un ami intime. On s’est compris, on avait le même humour, on est parti en vacances ensemble, nos femmes sont devenues copines, on a joué au golf, on a bien évidemment fait du vélo… En 2010, il y a eu son cancer et sa disparition. L’une des choses les plus bouleversantes au monde. Je l’ai vécu au plus près, je l’ai vu souffrir, je l’ai vu se battre…
Enfin, il y a le Dakar. Je l’ai fait en étant… puni ! Je m’étais fâché « grave » avec Hervé Bourges, mon P-DG. Je voulais faire une émission et lui ai proposé un concept. Dans un premier temps, les dirigeants avaient refusé avant de se raviser et d’offrir mon idée à quelqu’un d’autre ! On s’est disputé. Il y avait deux solutions : soit je partais de l’entreprise France 2, soit je restais et je courbais l’échine pendant un certain nombre de mois. C’est ce que j’ai fait. C’est alors que le patron des sports, Jean Réveillon, m’a proposé le Dakar. Mais j’étais contre cette course. Parce que j’avais et j’ai encore beaucoup de copains africains et je me demandais vraiment ce que le rallye venait faire sur ce continent. Je suis donc allé voir le Dakar pour voir ce que c’était. Je me suis rendu compte que les habitants nous accueillaient les bras ouverts. Des chefs d’État africains m’ont même dit que le monde entier connaissait mieux leur continent grâce au Dakar. Tant et si bien que depuis 1994, je suis un supporter inconditionnel de l’épreuve.

Au même titre que Nelson Monfort, Patrick Montel voire dans une certaine mesure Christian Jeanpierre, vous faites l’objet de nombreuses critiques, notamment sur les réseaux sociaux. Comment le prenez-vous ?

Je ne le « prends » pas parce que je ne regarde pas. Tout ça, c’est quoi ? Ce sont des gamins de 20 ans qui nous regardent à peine, qui disent « place aux jeunes » et qui, surtout, sous couvert d’anonymat, disent n’importe quoi. J’accepte les critiques, c’est une évidence car je fais un métier public. Moi aussi, j’ai mon réseau. Ce n’est pas Facebook ou Twitter mais c’est un réseau d’amis avec de vrais métiers : fleuriste, vigneron, etc. Je les appelle souvent en leur demandant leurs avis. Ils ont l’honnêteté de me dire la vérité vraie mais tout le reste, ce phénomène de réseaux sociaux avec des gens qui nous insultent… Qu’ils viennent, qu’ils travaillent et qu’ils prennent notre place. Écouter la critique, oui. Lire des insultes, non.

Photo : Moselle Sport - Article publié le 7 août 2014

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