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Retour sur… le Rallye des Gazelles 2014

Angelika Olivier et Chloée Decker, les deux mosellanes engagées sur le rallye des Gazelles 2014, ont réussi leur pari. Celui de boucler le périple en étant classées. Retour sur une épreuve qui n’a pas été de tout repos.

Le 14 avril dernier, c’était la fête au siège de la Saar LB, grande banque allemande située à Sarrebruck et sponsor principal des Coco Gazelles. Les Coco Gazelles qui signaient leur retour en tenant une conférence de presse à l’attention des médias allemands et français, vous les connaissez à force. Depuis octobre 2013, nous nous sommes intéressés à ces deux drôles de dames, à leur défi d’aller se frotter aux dunes du Maroc à travers le rallye des Gazelles. Des Gazelles qui, rappelons-le, devaient effectuer un parcours en pointant des contrôles de passages en un minimum de kilomètres et non en un minimum de temps. « Et ce, sans road-book car ton chemin, tu dois te le chercher et le faire toi-même ! », se souvient Angelika Olivier, la navigatrice du duo. Au départ de chaque étape, les équipes recevaient certes, un road-book mais il mentionnait uniquement les coordonnées géographiques, les distances des points de contrôle quotidiens et de la ligne d’arrivée. Le GPS étant exclu, c’est seulement à l’aide d’une boussole, d’une règle et d’une carte au 100 000e qu’elles ont tracé leur route et décidé de leur itinéraire. « Je dois bien avouer que le rallye des Gazelles a été particulièrement éprouvant. Moi qui suis d’ordinaire très émotive, je vous laisse imaginer mon état en conditions extrêmes ! Les navigatrices, tout comme les pilotes, ont effectué un travail très important sur ce rallye des Gazelles. J’en retenterai un, c’est sûr ! Mais avec davantage de préparation car la navigation dans le désert, c’est extrêmement déconcertant. »

4e jour maudit

« Ce que je retiens de ce rallye ? La difficulté extrême de trouver la force de continuer et me prouver à moi-même que j’étais capable de me dépasser. De ce côté-là, j’ai pleinement rempli ces deux objectifs », indique Chloée Decker, qui a mené le vénérable Range V8 à l’arrivée. « Comme l’a précisé Angie, que l’on soit pilote ou navigatrice, les conditions sont difficiles. Dans les dunes, Le Range Rover est assez lourd et en dévers, ce n’est pas trop confortable. Sans oublier les pannes, incontournables sur ce type de parcours. » Toutes les deux se souviendront longtemps de ce fameux 4e jour qui restera gravé à jamais dans leurs mémoires. « Lorsque le câble d’alimentation de la batterie a cramé, on était au milieu de nulle part. Avant d’appuyer sur le bouton pour prévenir l’assistance, on y réfléchit à deux fois. Nous sommes donc rentrées sans phares en pleine nuit après 8 heures de périple dans un 4×4 qui ne fonctionnait plus correctement. Arrivées à destination, nos nerfs ont lâché et on a pleuré. À partir de là, en frôlant le hors-classement, on a changé nos objectifs et nous avons été davantage dans la compétition », poursuit Chloée.

 

Les filles retiennent aussi que le rallye, a priori destiné aux amateurs, s’est considérablement professionnalisé. Un peu comme le Paris-Dakar si l’on est tenté de faire un parallèle. « On s’en est très vite rendu compte, dès notre arrivée au Maroc. Des filles comme nous, il y en avait pas beaucoup. Du coup, nous ne nous sommes pas vraiment senties à la hauteur. On a fait abstraction de ça en décidant de vivre notre truc. On est resté dans cet état d’esprit jusqu’au bout. » Toutes deux gardent aussi un souvenir ému du départ à Paris le 15 mars. « Après le véritable show au Trocadéro, toute l’euphorie retombe dès que tu prends l’autoroute avec tous les autres équipages. C’est d’ailleurs pendant ces arrêts sur la route du départ que l’on a créé des liens avec d’autres équipages. » Alors, le rallye des Gazelles 2015 est-il déjà dans les cartons ? « On savait que ça ne serait pas des vacances mais que ça serait difficile à ce point, non ! », souligne Chloée. « Pour l’instant, on va prendre le temps de se poser. Ça a été une belle expérience. » « Pour ma part, je tenterai bien le Trophée de la Rose des Andes en Argentine mais pas avant deux ans », précise Angie. Quant au Range rose, il sera conservé par Angie. « Il fera encore quelques roads-trips. Mais il restera surtout la représentation du rallye que j’ai fait avec Chloée. »

Photo : DR - Article publié le 1 août 2014

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