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Rallye européen véhicules électriques : Le REVE en Zoé

REVE : un nom étonnant pour un rallye qui l’est tout autant. Réticents de prime abord à parcourir les routes de Moselle à bord d’un véhicule électrique, nous avons été curieux. Car même si la curiosité est un vilain défaut, d’aucuns vous diront que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Nous les premiers. En route à bord de Zoé.

Plus habitués à tester des voitures qui ne font pas bon ménage avec le taux de CO2 rejeté, nous avons pris un virage à 180°. Nous, les chantres de la conduite dite sportive. Nous, les aficionados des essais sur routes fermées (Clio et Mégane RS à Chenevières et Chambley, Peugeot 208 GTi dans l’arrière pays niçois). Nous, les inconditionnels du talon-pointe* (là, on exagère un peu quand même…). « Piloter » une électrique ? Que nenni ! À quoi bon conduire une voiture qui ne fait pas de bruit, ne « marche » pas et ne procure aucun plaisir ? Je vous le demande… Mais on vous le dira souvent, un journaliste se doit d’être curieux. C’est même sa qualité première. Alors oui, nous avons répondu par l’affirmative. Au rendez-vous le vendredi 27 septembre dernier devant la Foire internationale de Metz, j’ai pris place à bord d’une Renault Zoé mandatée par le groupe Hess. Une Renault accompagnée d’une vingtaine d’autres véhicules (Renault Kangoo, Peugeot Ion, Smart Electric mais aussi Nissan Leaf, Volvo V60 Plug’in, Toyoya Prius ou Opel Ampera). Le challenge : effectuer le parcours proposé en chargeant le moins possible dans la journée. L’objectif n’étant pas de relier 2 villes le plus rapidement possible, mais de simuler un parcours journalier de 140 km d’un véhicule d’entreprise ou de collectivité qui alterne phases de conduite et phases de charge. La philosophie de l’épreuve est donc de démontrer qu’un véhicule de ce type peut avoir une autonomie « suffisante » et qu’il correspond parfaitement à de nombreux besoins. Quant aux véhicules hybrides rechargeables ou électriques à prolongateur d’autonomie comme la Toyota Prius, ils devaient essayer d’utiliser le minimum d’énergie carbonée pour effectuer le parcours. Enfin, moi, le représentant Moselle Sport, j’étais aussi chargé de voir si on était capable d’éprouver du plaisir au volant d’une électrique.

Le large au démarrage

En février 2013, nous avions manqué les essais presse dédiés à la Zoé. L’occasion était donc très belle de se rattraper avec ce REVE. Premier contact avec Zoé : l’intérieur. La petite Renault possède un habitacle quasi identique à celui de la Clio 4. Avec sa console centrale flottante intégrant de série le large écran du système R-Link et son ergonomie étudiée, la petite électrique invite au voyage. Même si l’autonomie annoncée par l’ordinateur de bord est un peu juste. Mais nous y reviendrons… Continuons à parcourir l’intérieur : les sièges sont bien dessinés, l’ambiance est fun et l’équipement pléthorique ! Au menu : GPS, climatisation automatique, régulateur de vitesse… Stop, n’en jetez plus ! Puis, côté budget, ça se tient. Avec un prix de base fixé à 20 800 euros, auquel il faut déduire les 7 000 euros de bonus écologique, soit un tarif de 13 800 euros, la Zoé est financièrement intéressante. Notre véhicule d’essai, la plus haute version disponible, s’affichait à 22 600 euros, soit 15 600 euros en réel. Donc un peu moins qu’une Clio dCi 90 équivalente.

 

Sur la route, je craignais le pire et là, croyez-moi, j’ai été très agréablement surpris. Malgré un poids conséquent (près de 1 500 kg), la petite au Losange prend le large au démarrage avec ses 88 ch disponibles de 3 000 à 11 300 tr/min et son couple maxi quasi instantané de 250 Nm de 250 à 2 500 tr/min (soit la valeur d’un bon turbo diesel de la catégorie d’une Mégane). Le tout dans un silence de cathédrale. Même s’il est possible d’opter pour un bruit sympa genre soucoupe volante !

Pas si mal

La Zoé dispose également d’une pompe à chaleur. L’utilisation de la climatisation ne réduit ainsi en rien l’autonomie qui est tout de même son talon d’Achille tout comme la majorité des électriques présente sur le plateau. Côté temps de recharge, la Wallbox** permet à la Zoé de faire le plein d’énergie en 6 à 9 heures sur une prise standard (3kW), 80 % en 1 heure en charge accélérée (22kW) et à 80 % en 30 minutes en charge rapide (43kW). Néanmoins, il s’agira de bien cibler l’utilisation du véhicule avant de sauter le pas. Mais nous avons été séduits. Pour la petite histoire, pour cause d’impératifs d’emplois du temps, nous n’avons pas effectué les deux jours du rallye. Un seul nous a suffi tout de même pour nous perdre et ce en dépit d’un roadbook précis et d’un GPS à bord… Le piètre sens d’orientation du copilote et de votre serviteur cachait sans aucun doute l’envie de rester plus longtemps à bord de la Zoé et de se convaincre que, finalement, ce n’est pas si mal une voiture électrique. Quand on vous dit que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis…

*Méthode consistant à accélérer, freiner, et débrayer en même temps.
**Borne de charge domestique disponible au tarif de 860 €. A savoir que l’achat d’une Zoé implique également la location de batteries au tarif de 79 € TTC/mois pour un kilométrage n’excédant pas 12 500 km/an.

Photo : Renault - Article publié le 2 décembre 2013

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