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Souvenirs, souvenirs…

Elles ont porté haut les couleurs de Metz Handball et ont participé au palmarès pharaonique de Metz Handball. Ils ont coaché brillamment cette équipe au point d’en faire un monstre sacré du handball français. Alors que le club messin a fêté cette année ses 50 ans, et que le reprise de l’entraînement bat son plein, ils se souviennent.

« Jouer aux côtés de mes idoles »

Par Alexandra Hector (1986-1996)

« Je suis un produit du cru et j’ai eu le bonheur et la chance de débuter, à seulement 17 ans, en Division 1 alors que j’étais en classe de Terminale. J’ai eu la chance de côtoyer mes idoles, à savoir les deux étrangères du club, Zita Galic et la gardienne Irina Popova, en plus de joueuses de talent comme Corinne Krumbholz ou Isabelle Wendling. Comme, à l’époque, Olivier Krumbholz ne pouvait aligner qu’une seule étrangère, dès que Zita Galic jouait, c’était moi, la seconde gardienne qui était sur le terrain. J’ai beaucoup joué cette année-là, et nous avons terminé championnes de France. Irina Popova était une vraie « maman poule » avec moi et les supporters m’ont rapidement appelé le « petit poussin ». J’ai vécu cette saison comme un bonheur, avec plein d’admiration pour ces joueuses qui m’ont beaucoup apporté. C’était extraordinaire. »

 

« Ravagé par le feu »

Par Stéphanie Ludwig (1998-2002 & 2003-2004)

« Je me souviens tout particulièrement de la soirée du 6 mars 1999 où nous avions fait l’exploit d’éliminer le club russe du Kuban Krasnodar en quarts de finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe après avoir perdu le match aller en Russie, avec un écart de 9 buts. Tout le monde pensait que c’en était fini de nos chances de qualification et nous avons réussi l’exploit de gagner de 11 buts au match retour au Palais des Sports de Metz. Et alors que nous étions toutes en train de fêter la qualification en boîte de nuit, nous apprenons que le Palais des sports était ravagé par le feu. Nous avons connu la stupeur après la joie et la fête. Nous avons, du coup, joué nos matchs suivants au Galaxie d’Amnéville. C’est un souvenir marquant. »

« Le premier titre de l’histoire du club »

Par Jocelyne Baillot (1978-1994)

« Le plus grand souvenir est forcément l’année du titre en 1989 obtenu avec Olivier Krumbholz, le premier titre de champion de France de l’histoire de Metz Handball. Ce sont des souvenirs festifs partagés avec une belle bande de copines qui venaient, comme moi, jouer au handball pour le plaisir de jouer puisqu’il n’y avait pas d’enjeux financier à cette époque. Nous avions des moyens très faibles, les déplacements se faisaient en estafette avant d’avoir des bus ou le train et se concentraient sur le nord du pays, entre la région parisienne et le pays lyonnais. J’ai eu la chance de connaître l’équipe de France et de remporter quatre titres de champion de France entre 1989 et 1994. Je n’ai que des grands souvenirs à propos de mon passage à Metz. »

« Le bonheur sur l’île de la Réunion »

Par Delphine Guehl (1993-2002 & 2004-2010)

« J’ai gardé un grand souvenir de la seule tournée que j’ai faite avec Metz, au tout début des années 2000, sur l’île de la Réunion. Nous avions tendance à beaucoup nous déplacer dans l’année, et cette dizaine de jours passés à La Réunion était un vrai bonheur et un vrai bol d’air. Les joueuses de l’équipe de France revenaient de leur compétition internationale (Delphine Guehl a été internationale à partir de 2002, NDLR), et nous avions eu la chance de visiter l’île et de passer des moments uniques dans les familles des joueuses réunionnaise de l’équipe qui comptaient, à cette époque, Leïla Lejeune, Sonia Cendier et Nathalie Selambarom. Je garde également un souvenir ému de mes derniers trophées remportés avec Metz Handball, en 2010, les deux coupes nationales alors que le titre nous avait échappés. »

« Le but du titre »

Par Melinda Szabo-Jacques (1998-2004)

« Je garde un souvenir particulier de la finale du championnat de France en mai 2000 face à Besançon. C’était au meilleur des trois matchs et nous étions à égalité avec les Bisontines. Lors du 3e match décisif, je me souviens bien avoir inscrit, en toute fin de match, le but de la victoire et donc du titre. Je n’étais pourtant pas remis de ma blessure mais j’avais participé à ce match et j’avais eu l’immense bonheur d’inscrire le but du titre. J’ai aussi de très bons souvenirs de mon arrivée à Metz en 1998 car je suis arrivée de Budapest sans parler un mot de français avec mon enfant de 3 ans et demi et je me suis vite sentie chez moi grâce à l’accueil des filles et du coach Bertrand François, qui m’avait fait une liste de mots français à connaître absolument pour le handball. Le fait d’être très bavarde m’a aussi bien aidé (rires). »

« Le club aurait dû disparaître »

Par Isabelle Wendling (1989-2010)

« Évidemment, en 21 ans passés à Metz, difficile de ressortir un souvenir particulier. Il y a mon premier titre de champion de France, en 1990, et la victoire en Coupe de France en 2010 pour le dernier match de ma carrière. Mais je retiens aussi l’été 2005, à l’époque où le club traversait une crise financière majeure et devait repartir en Division 2 ou même disparaître définitivement. Thierry Weizman est venu dans le vestiaire nous annoncer la triste nouvelle et nous donnait la possibilité de signer ailleurs. Les joueuses encore présentes et moi avons décidé de faire des coupes franches dans nos salaires pour permettre au club de survivre. Les efforts de la direction ont payé puisque nous avons fini champion de France, cette année-là, avec un effectif maigre en nombre. Cela symbolise parfaitement l’état d’esprit de ce club, qui est resté familial et solidaire malgré la professionnalisation et cela fait partie de l’ADN de Metz Handball. »

« Personne ne croyait en nous »

Par Sandor Ràc (2006-2009 & 2012-2014)

« Mon deuxième passage en tant qu’entraîneur de Metz Handball, m’a beaucoup marqué. Je suis revenu en 2012 après une année blanche pour Metz, sans titre obtenu, et avec une hémorragie importante de joueuses : Pineau, Limal, Mendy et la meilleure gardienne du monde, Leynaud, avaient quitté le club et nous nous étions renforcés par des jeunes joueuses comme Gervaise Pierson, troisième gardienne de Nîmes, Lara Gonzalez Ortega qui venait d’Espagne… seule Paule Baudouin était une valeur sûre puisque notre autre recrue phare est tombée enceinte avant de commencer la saison (Anna-Maria Johansson, NDLR). Personne ne croyait en nous et nous sentait capable de gagner le titre de champion de France. Et malgré la jeunesse de notre groupe, avec notamment les débuts de Grace Zaadi – qui a vite rejoint les Bleues – nous avons réussi l’une des plus belles saisons de l’histoire du club en faisant trois finales (Championnat, Coupe de France et Coupe d’Europe) pour en remporter deux des trois. Nous avions des statistiques impressionnantes, surtout en attaque, et nous avons bien travaillé cette année-là. Une grande année. »

« Une histoire d’amies »

Par Cléopâtre Darleux (2009-2011)

« Mon meilleur souvenir est le premier titre de ma carrière, à savoir la victoire en coupe de la Ligue lors de la saison 2008-2009. C’est le premier titre de ma carrière en France donc c’est forcément quelque chose de spécial pour moi. Une période mémorable de mon passage à Metz, avec des joueuses dont je suis encore en contact, hors handball, comme Martine Ringayen Caroline Schmele, Sabrina Abdellahi, Dounia Abdourahim ou encore Nina Kanto, Allison Pineau et Amandine Leynaud. C’est un beau souvenir, et une belle année sur le plan personnel car j’ai eu la chance, aussi, de gagner, avec l’équipe de France, une médaille d’argent aux championnats du monde avant de remporter le titre en championnat de France. Une année prolifique et donc marquante. »

« La découverte d’un nouveau monde »

Par Leïla Lejeune (1994-2002)

« Mon aventure à Metz Handball a construit ma vie d’adulte. J’arrivais de La Réunion à 18 ans, sans famille et dans une région qui n’avait rien à voir avec mon île natale, notamment au niveau du climat (rires). Je n’arrivais pas en terrain conquis et je devais m’adapter à un pays que je découvrais. C’était la découverte d’un nouveau monde. Je me souviens que je n’avais rien pour lutter contre le froid et que c’était Corinne Krumbholz qui m’avait passé des pulls et des vestes car je n’avais rien (rires). Pis, je m’empiffrais de viennoiseries qui coûtaient 10 fois moins cher qu’à La Réunion et j’ai dû prendre 10 kilos en arrivant (rires). Metz, c’est le club de mon cœur, c’était un cadeau de porter ce maillot et j’ai tout de suite essayé de contribuer aux succès de l’équipe même si je jouais peu à mon arrivée. Je ne comprenais pas d’ailleurs pourquoi Olivier Krumbholz ne me faisait pas jouer alors que je n’avais clairement pas encore le niveau nécessaire. J’ai beaucoup appris à Metz Handball. J’ai adoré cette période à Metz. »

« Dans la chaleur de Coubertin »

Par Katty Piéjos (2004-2013)

« Le 5 juin 2010, je jouais ma première finale de Coupe de France avec Metz depuis mon arrivée (en 2004, NDLR) et à cette occasion, nous devions jouer au stade Pierre-de-Coubertin à Paris contre mon ancien club, Le Havre. Je me souviens qu’il faisait très chaud ce jour-là et cela avait gêné de nombreuses joueuses sur le terrain, notamment ma coéquipière Camille Ayglon. Moi, la chaleur, c’est mon élément (rires). On avait gagné le match (27-23) et j’ai le souvenir d’avoir fait une belle prestation (6 buts inscrits, meilleure buteuse messine avec Svetlana Ognjenovic, NDLR) et d’avoir pris beaucoup de plaisir durant cette rencontre. En plus, mon père était venu de la Martinique pour me voir et j’étais toute heureuse de ramener ce trophée à Metz. Cela reste l’un des grands souvenirs de mes années messines. »

« L’aboutissement d’un rêve »

Par Mégane Vallet (1998-2007)

« J’ai grandi à Metz Handball puisque j’ai commencé à porter le maillot jaune à l’âge de 9 ans et j’ai eu la chance d’arriver au bout en remportant le titre de champion de France et une coupe de la Ligue. J’ai toujours été supporter de Metz durant ma jeunesse et de pouvoir côtoyer des joueuses emblématiques comme Estelle Vogein, Isabelle Wendling ou Delphine Guehl était un bonheur, un vrai cadeau. Je n’avais pas un temps de jeu important mais je profitais de chaque minute sur le terrain avec un stress positif et la volonté de bien faire. Je retiens avoir beaucoup appris à leurs côtés, avec des joueuses disciplinées, battantes, gentilles et généreuses. C’était l’aboutissement d’un rêve pour une gamine comme moi, formée au club. »

« 1989, le club entre dans une nouvelle ère »

Par Olivier Krumbholz (1986-1995)

« Le soir du premier titre est forcément un souvenir marquant de mon passage à Metz. Nous avions gagné à Lyon et devions attendre le coup de téléphone de Daniel Georgetti qui, lui, se trouvait à Gagny pour voir le match entre Gagny et Besançon. Pour que nous puissions être champion de France, il fallait une victoire de Gagny à domicile. Comme notre match s’était terminé avant, nous avons attendu 15 minutes pour connaître le verdict. 15 minutes insoutenables qui ont finalement débouché sur une grande nouvelle puisque Gagny avait remporté la rencontre et nous offrait, par la même, le titre. C’était un moment marquant et très émouvant pour l’ensemble du groupe car il faut souligner que le titre de champion obtenu en 1989, le premier de l’histoire de l’ASPTT Metz, était inattendu. Ce titre a été le premier virage important du club, qui a fait ensuite la Coupe d’Europe des clubs champions, recruté Zita Galic… Le club entre alors dans une nouvelle ère…»

« Les luttes fratricides Metz-Besançon »

Par Nodjialem Myaro (1995-2002)

« Mon passage à Metz a été émaillé des matchs acharnés que Metz et Besançon jouaient pour remporter le titre de champion de France durant quelques années. Des matchs à enjeux tels qu’on se mettait une pression d’enfer pour ne pas échouer face aux Bisontines. À cette époque, Metz et Besançon remplissaient les rangs de l’équipe de France, donc on se connaissait bien et c’était compliqué de s’affronter. Je me souviens de ces luttes fratricides où le public jouait un grand rôle dans nos victoires à domicile. Cela reste un moment clé de l’histoire de Metz Handball. Je me souviens aussi de mes débuts à Metz, j’avais 18 ans, j’arrivais de Toulouse en voiture avec ma mère et je ne savais dans quel monde j’arrivais. La grandeur du club m’a vite fait grandir. J’ai découvert le haut niveau. Et c’était impressionnant. »

Photo : DR - Article publié le 23 juillet 2015

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