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Quel futur pour Metz Handball ?

Malgré de très nombreux départs l’été dernier (Leynaud, Mendy, Pineau), Metz a très bien su gérer sa première partie de championnat et son parcours en Coupe d’Europe. Mais Metz peut-il encore faire mieux ? La rédaction de Moselle Sport est allée à la rencontre de spécialistes du handball pour leur demander leur avis. Florilège.

Metz va-t-il être champion de France ?

L’avis des joueuses

Koumba Cissé, joueuse de Fleury Loiret HB

« Autant de chances que les autres équipes »

« C’est un championnat, selon moi, plus resserré que les années précédentes. C’est plus ouvert et donc plus intéressant pour les clubs qui jouent les premières places, comme nous, à Fleury. L’équipe qui fait la course en tête toute la saison n’est pas sûre de finir championne de France. À Fleury, nous estimons avoir les capacités d’aller au bout et de pouvoir remporter le titre. On travaille dur pour. On a prouvé, en Coupe de la Ligue, qu’on était capable de battre n’importe qui (victoire contre Metz en quart de finale, NDLR). Les formations sont plus homogènes et je n’ai pas peur de dire que, pour moi, toutes les équipes se valent. De plus, avec le système des play-offs, tout est possible. Metz a autant de chances que les autres équipes qualifiées pour les play-offs de remporter le titre qui leur a échappé l’an passé. »

Ancienne joueuse de Metz Handball, Koumba Cissé joue à Fleury depuis 2011.
 
 

Katty Piéjos, joueuse de Metz Handball

« 90 % de chances de gagner le titre »

« Oui. Sans hésitation (rires). Je pense vraiment qu’on a l’équipe pour aller au bout cette année, même si la Coupe d’Europe nous prend beaucoup d’énergie. Ce système de play-offs a beau ne pas être à notre avantage, j’estime que nous sommes capables de mettre cette donnée de côté pour aller chercher ce titre. La première année que ce système a été mis en place, c’est vrai que nous sommes passées à côté (en 2010, Toulon avait remporté le titre, NDLR). Mais je pense que cette année, nous avons 90 % de chances de gagner le titre. Selon moi, seul Fleury sera un vrai danger pour Metz Handball. L’an passé, les joueuses n’arrivaient pas bien à s’exprimer alors que sous la houlette de Sandor Rac, les filles se lâchent plus. C’est ce qui fera la différence dans les matches importants. »

Joueuse de Metz Handball depuis 2004, Katty Piéjos a déjà remporté six fois le titre de champion de France.
 

Metz peut-il devenir un grand d’Europe ?

L’avis des entraîneurs

Bertrand François, entraîneur, sept fois champion de France avec Metz

« Se doter d’un effectif plus riche »

« Sur le plan économique, le club est sur la voie pour arriver dans le top 8 européen. L’équation à résoudre pour Metz est d’avoir les joueuses pour l’emmener vers le haut mais aussi un effectif suffisamment garni pour jouer sur les deux tableaux que sont la Coupe d’Europe et le championnat. L’exemple de l’an dernier, où Metz a réussi sa campagne européenne mais manqué le titre, le prouve. Pour l’instant, je ne pense pas que Metz ait le budget pour avoir 12 ou 14 joueuses compétitives comme cela se fait dans les grands clubs danois par exemple. Après, quand je lis que Thierry Weizman ne peut pas payer une joueuse étrangère 3 000 € par mois, je suis étonné car quand j’étais entraîneur, certaines gagnaient plus de 5 000 €. Après, si un mécène vient investir dans le club, tout peut changer… »

Entraîneur de Metz de 1996 à 2006 puis en 2009.
 
 

Olivier Krumbholz, sélectionneur de l’équipe de France féminine

« Rien d’insurmontable »

 

« Oui, il n’y a pas de raison. Il ne faut pas systématiquement tout réduire aux moyens financiers des clubs car cela dépend aussi du travail accompli et de la formation. Je me souviens qu’en 2011, le club espagnol d’Itxako est allé en finale de la Ligue des Champions avec peu de moyens financiers. Metz doit donc continuer de bien structurer sa formation, faire un recrutement intelligent quand il y a des départs importants. D’ailleurs, je trouve que le club a bien rééquilibré l’effectif après la saignée de l’an dernier par un recrutement intéressant même si je constate que l’équipe n’est pas aussi forte cette année que celle de l’année dernière. Mais il n’y a rien d’insurmontable. Après, il y en a qui disent qu’il faut un effectif où tous les postes sont doublés par des joueuses de même niveau… je trouve cette idée stupide car aucun club d’aucun sport collectif ne pourra avoir deux effectifs de même niveau au sein de son effectif. La richesse de l’effectif est importante mais pas à ce point-là. Enfin, la tâche de Metz est plus ardue car contrairement à des clubs comme Podgorica, Ljubljana ou Vâlcea qui n’ont pas de difficulté dans leur championnat, Metz doit batailler ferme pour obtenir la première place finale car la LFH est plus relevée qu’ailleurs. »

Sélectionneur de l’équipe de France depuis 1998 et ancien entraîneur de Metz.
 

Gagner la Ligue des Champions, rêve ou réalité ?

L’avis des Européennes

Cléopâtre Darleux, joueuse de Viborg HK (Danemark)

« Metz doit passer un cap »

« Je pense que le championnat français progresse et devient l’un des meilleurs d’Europe. Metz peut se targuer d’avoir une très belle salle, la ville est très attrayante et peut attirer beaucoup de bonnes joueuses. Le club de Metz Handball doit encore passer un cap avant de pouvoir devenir l’un des poids lourds de la scène européenne. Moi qui suis à Viborg, l’un des meilleurs clubs européens qui a déjà gagné trois fois la Ligue des Champions, je vois la différence au niveau du professionnalisme des joueuses, la prise en charge individuelle, la taille des locaux et le nombre d’employés au clubs…
Metz joue chaque année une coupe d’Europe mais n’atteint jamais les finales. Les clubs français, en général, doivent passer un cap même si j’estime que c’est de mieux en mieux. »

Joueuse de Metz de 2009 à 2011, Cléopâtre a remporté deux titres de champion (Metz et Arvor) et joue à Viborg depuis 2012.
 
 

Allison Pineau, joueuse du Vardar Skopje (Macédoine) en juin 2013

« Cela va rester au stade du rêve »

« Depuis trois ans, il y a eu une évolution du club mais pas aussi importante que d’autres clubs en Europe. Metz est et veut rester un club familial selon moi. Je pense sincèrement que cela va rester au stade du rêve car le club ne se donne pas les moyens de devenir un grand club et qui ne se construit pas pour gagner la Ligue des Champions. J’ai tendance même à dire que Fleury se structure actuellement mieux que Metz en étant devenu un société anonyme. Je suis partie pour ces raisons notamment, car le club n’avait pas de grandes ambitions européennes et je n’avais pas l’impression qu’il voulait changer de ce point de vue là. À l’étranger, dans certains clubs, ils ont une équipe taillée pour l’Europe avec des joueuses uniquement concentrées sur cet objectif. Ce n’est pas forcément le cas à Metz. Le club ne s’est pas battu pour me garder, enfin, je ne l’ai pas senti et je voulais jouer les premiers rôles en Ligue des Champions. Dire que je suis partie pour l’argent, c’est n’importe quoi. C’est le projet sportif avant tout qui était important. À Metz ou ailleurs. » 

Joueuse de Metz de 2009 à 2012, Allison a remporté un titre de champion et jouera à Skopje dès cet été.

Photo : DR - Article publié le 24 avril 2013

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