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La formation, la clé du succès ?

Grace Zaadi, Laura Glauser, Tamara Horacek, Déborah Kpodar, Laura Flippes, on ne compte plus les joueuses issues du centre de formation qui ont porté le maillot jaune et bleu de Metz Handball la saison dernière. Des exemples qui devraient se multiplier dans les années à venir, alternative crédible pour renforcer l’effectif messin. Zoom.

Cinq ans qu’il dirige le centre de formation d’une main de fer. Une main de fer dans un gant de velours. Yacine Messaoudi, ancien handballeur passé par Ivry, est le patron de la formation messine, fournisseur officiel de talents comme Grace Zaadi, Laura Glauser ou encore Tamara Horacek. Toutes n’arrivent pas jusqu’à la signature d’un contrat professionnel ou partent sans avoir réussi à s’imposer. « En moyenne, les joueuses passent deux à trois ans en centre de formation, explique Yacine Messaoudi. Au bout de ce cursus, elles signent pro, décident de signer ailleurs ou ne sont pas conservées. Tout dépend du potentiel de la joueuse. » Souvent mineures à leur arrivée, les joueuses du centre de formation intègrent l’internat du lycée Robert-Schuman et sont en famille d’accueil le week-end pour celles qui n’ont pas de parents dans la région, avant de se voir proposer un hébergement en chambre individuel au centre de formation de Metz Handball, situé à Montigny-lès-Metz. C’est seulement lors de la dernière année de leur formation qu’elles se voient suggérer de prendre un appartement en colocation avec une autre joueuse. Un système qui fait ses preuves depuis plusieurs années. « Les filles recrutées pour intégrer le centre de formation sont suivies depuis plusieurs années et sont, pour certaines, issues du pôle espoirs de Metz, ajoute Yacine Messaoudi. C’est un parcours d’excellence sportive et scolaire qui doit les amener, à terme, vers le groupe pro. » « Le pôle espoirs handball féminin se situait il y a deux ans au collège et lycée Robert Schuman, note Alexandra Hector, coach des gardiennes de Metz Handball et qui dépend de la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, rattachée au collège Arsenal pour une mission sur le pôle espoirs de handball aux côtés de Corinne Krumbholz. Lors de la fermeture du collège Schuman en 2009, il fallait chercher un établissement d’accueil pour nos collégiennes. Le collège Arsenal s’est trouvé être une solution très intéressante puisque l’internat venait, en plus, d’ouvrir ses portes. Et il était important pour nous car le pôle a un recrutement régional et nous avons des filles qui viennent de Lorraine et de Champagne-Ardenne. L’internat est ainsi un élément-clé pour le suivi scolaire. Ayant moi-même intégré le pôle il y a quelques années, je connais les rouages du système, le fonctionnement et je suis bien placée pour accompagner les filles dans leur scolarité et dans leur parcours sportif. »

Un parcours d’excellence sportif bien huilé

D’abord confrontée à la compétition au sein de l’équipe réserve de Metz Handball, en N1, avec Yacine Messaoudi à la baguette, les filles du centre de formation apprennent la culture de la gagne. « Chaque année, nous arrivons à placer cette équipe dans les deux premières places de sa poule, c’est un cas unique en France pour la réserve d’un club féminin de l’élite, se félicite le coach de la N1, Yacine Messaoudi. Nous sommes aussi là pour leur apprendre l’exigence du haut niveau et pour les responsabiliser un maximum. Je suis partisan d’un régime participatif et je sais rappeler à l’ordre les joueuses qui se dispersent un peu (sourire). » Arrivée en 2012 en provenance d’Angoulême pour intégrer le centre de formation et la N1, Déborah Kpodar est le dernier exemple d’une intégration réussie. « Le club me voulait un an plus tôt, en 2011, mais je voulais passer le baccalauréat à Angoulême avant de signer à Metz, raconte Déborah Kpodar. C’est donc en toute logique que j’ai intégré Metz douze mois plus tard. Mes trois premiers mois se sont bien passés mais j’ai été repris par le staff qui considérait que je ne me concentrais pas assez sur le handball. Ils avaient raison. Je ne m’investissais pas assez. J’ai rectifié le tir à partir de janvier 2013 pour ne pas manquer ma chance de toquer à la porte de l’équipe première. » En passe de faire signer son premier contrat professionnel à l’ailière gauche, Metz Handball a déjà tout prévu pour sa joueuse. « Déborah manque de temps de jeu en LFH et pour ne pas freiner sa progression, le but est de la faire signer pro et de la prêter la saison prochaine pour qu’elle puisse jouer régulièrement », explique Yacine Messaoudi. Arrivé à la tête du centre de formation en 2010, Yacine Messaoudi s’est occupé de la section masculine des U18 et des N2 filles dans le club le plus titré de France, l’US Ivry Handball. « C’est un concours de circonstances qui m’a amené à venir à Metz. J’alimentais le pôle France de Chartres à l’époque avec Ivry et j’ai fait la rencontre de Sébastien Gardillou. Quand il a rejoint Metz, on m’a proposé le poste. » Fidèle formateur de Metz, Yacine Messaoudi a confiance en l’avenir de la formation : « Aujourd’hui, Laura Flippes, Tamara Horacek, Déborah Kpodar, Lindsay Burlet et Hawa N’Diaye sont les filles les plus proches de signer professionnel. Derrière, suivent les prometteuses Fiona Carrara, Raïssa Dapina, Marie-Hélène Sajka ou Manon Hemmerlin, entre autres. Le centre de formation est au centre du projet du club de Metz Handball. La conjoncture actuelle nous a forcé à faire des choix et la formation est primordiale pour la réussite du club. » Un centre qui devrait permettre à Metz de rester en haut de l’affiche de nombreuses années…

Photo : DR - Article publié le 9 août 2015

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