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Thibaut Bourgeois, le phénix

Au club depuis l’âge de 10 ans, Thibaut Bourgeois a effectué toutes ses classes au FC Metz avant d’être intégré pour la première fois dans le groupe pro par Yvon Pouliquen en 2008. Peu épargné par les blessures, le natif de Maizières-lès-Metz renaît de ses cendres depuis quelques semaines avec des buts contre Nice, le CA Bastia et Uzès. Récit d’un come-back.

À 23 ans, Thibaut Bourgeois a déjà eu plusieurs vies. Éternel grand espoir du Football Club de Metz, l’attaquant formé au club n’a jamais eu la vie facile. La faute à un corps défaillant, à des blessures à répétition et à des coups du sort que seul un footballeur de haut niveau peut éprouver. Son prêt à Martigues (la seule année hors de la Moselle de sa jeune carrière) l’an dernier en est la parfaite illustration. « Pour avoir un peu de temps de jeu, le club m’a prêté en National, à Martigues. C’était aussi, pour moi, une occasion de changer d’air après tant d’années à Metz. Pour voir autre chose et se remettre en question aussi. Mais après seulement quelques matches, je me fais une rupture des ligaments croisés. L’aventure martégale s’est arrêtée brutalement. » Arrivé au club en 2000, à l’âge de 10 ans, en provenance de Pierrevillers, après avoir été repéré lors d’un tournoi poussins avec son club, Thibaut Bourgeois fait ses classes au sein du club grenat jusqu’en 2008, où Yvon Pouliquen l’appelle pour la première fois dans le groupe professionnel. « Cette première apparition dans le groupe pro prouve que le club ne cesse de puiser dans le centre de formation pour constituer ses équipes. C’est un signe fort de tout le travail que les jeunes joueurs peuvent faire en formation et ce fut, pour moi, une vraie preuve de confiance. »

« C’est un impact player qui sait être décisif » (A. Cartier)

Tout va alors très vite pour l’attaquant messin. Il fait sa première apparition en match officiel en décembre 2008, en Ligue 2, à Troyes, où il inscrit au passage son premier but avec le maillot messin. Il récidive par deux fois le mois suivant, en janvier 2009, en quart de finale de la Coupe de la Ligue face à Vannes puis face à Amiens en championnat. Et comme un symbole, Thibaut se blesse fin mars 2009 pour un mois et demi. Une première saison tronquée mais néanmoins satisfaisante sur le plan comptable (7 matches dont 4 titulaires et 3 buts). « C’est toujours difficile d’accepter une blessure quand tout va bien. Mais cela fait partie du sport et on ne peut pas se plaindre quand on fait ce métier. » La saison 2009-2010 est celle de la confirmation pour Bourgeois qui, aux côtés d’Yvon Pouliquen, fait sa plus grosse saison en grenat en termes de nombre de matches joués « même si c’était le plus souvent comme remplaçant », précise Thibaut, puisque le Maiziérois participera à 29 matches, mais seulement 8 en tant que titulaire, avec 5 buts à la clé. Son corps défaillant le laisse tranquille une saison. Ce sera la seule.

« Je me sens prêt à prendre plus de responsabilités »

12 matches la saison suivante, un prêt tronqué à Martigues et le retour, cette saison, sous les ordres d’Albert Cartier. « C’est un garçon réservé très apprécié des supporters et des personnes du club, précise son entraîneur. C’est un « impact player » qui sait être décisif et qui peut faire basculer un match. Il a changé d’état d’esprit récemment. Je pense qu’il a enfin décidé d’être l’acteur de son destin. Pour le bien de tous. » Cette saison, Thibaut Bourgeois est encore gêné, tantôt par son talon, parfois ses adducteurs… l’attaquant n’en est pourtant pas devenu fataliste. « J’ai travaillé dur pour revenir de ma grave blessure de l’an passé. Je me sens bien cette année et je me sens prêt à prendre plus de responsabilités. » Enfin titulaire aux yeux d’Albert Cartier (6 fois dont le dernier mardi à Amiens), Thibaut Bourgeois a déjà inscrit trois buts sur les 14 matches auxquels il a participé (face à Nice en Coupe de France, au CA Bastia et Uzès en championnat, NDLR). « Il nous apporte beaucoup. Nous estimons, le staff et moi, qu’il est enfin prêt à encaisser 90 minutes en National, qui est un championnat physique et exigeant. Et il progresse très bien physiquement. La patience a payé. » À 23 ans, le statut d’espoir est maintenant derrière lui et cette saison peut donc se révéler comme celle de l’envol. Le phénix ne meurt jamais.

Photo : DR - Article publié le 20 mars 2013

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