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« Mes deux ans au FC Metz ont été durs mentalement »

Formé à l’ASNL, passé par Ajaccio, Ludovic Guerriero est aussi l’ex capitaine du FC Metz et restera pour certains, l’emblème d’une équipe qui a fait descendre le FC Metz en National. Aujourd’hui à Châteauroux en Ligue 2, le Forbachois revient sur son expérience messine. Entretien sans concession.

Comme à Koh Lanta, vous avez inauguré le concept des bannis au FC Metz. Comment avez-vous vécu cette mise à l’écart ?

Mal. Le président avait décrété que j’avais la tête ailleurs. Nous étions trois dans ce cas : Mathieu Duhamel, Olivier Cassan et moi-même. Koulibaly avait clairement exprimé son souhait de partir mais lui a eu le droit de s’entraîner avec le groupe. Cette mise à l’écart a décuplé mon envie d’aller voir ailleurs. Avec le recul, je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir connu Albert Cartier avec qui je me serai certainement bien entendu. Sa faculté à ne jamais rien lâcher correspond à mon état d’esprit.

Si vous ne deviez définir qu’un seul mot pour qualifier tes deux années au FC Metz, quel serait-il ?

Dur. Extrêmement dur mentalement. Je retiens surtout les six derniers mois. On finit à la 6e place en décembre pour descendre en mai de l’année suivante. Comment en est-on arrivé là ? Les raisons sont multiples. Tout d’abord, il y a eu des erreurs stratégiques : la direction a vendu Fallou Diagne et a intégré de jeunes joueurs. Certains, à l’image de Sadio Mané (aujourd’hui en Autriche), se sont montrés très irrespectueux envers certains cadres, notamment envers Mathieu Duhamel. Ça a plombé l’ambiance dans le vestiaire. Puis, nous n’avons pas été bons : il est clair que nous sommes tous responsables, autant les joueurs que le staff technique. Dominique Bijotat a peut être été trop gentil avec nous mais à sa décharge, il n’a pas été aidé par le couple d’Onofrio/Serin.

Votre relation avec les supporters a été houleuse…

Je peux le comprendre. La première année, je cristallisais les rancœurs car j’avais été formé à Nancy. Ensuite, ils trouvaient que je n’étais pas bon. C’est leur avis, c’est leur droit. En revanche, je n’ai jamais reculé devant mes responsabilités, j’ai toujours demandé à jouer. J’ai aussi trouvé dommage qu’ils aient décidé que le groupe ne devait pas jouer le dernier match de la saison sous peine de faire le bordel dans le stade. C’est la première fois que je vois des supporters décider dans un club… Malgré eux, certains m’ont rendu plus fort mentalement.

Et avec les journalistes ?

Je ne regrette pas ma volte-face en conférence de presse. Encore aujourd’hui, j’attends mon explication avec le journaliste incriminé. Il est juste dommage de ne pas avoir le courage de ses opinions.

Un mot sur Châteauroux ?

Tout s’est fait très vite. Je suis arrivé pour le premier match de la saison et j’ai pris le train en marche. J’ai trouvé un vrai groupe, je m’y sens bien. Nous espérons gagner davantage la deuxième partie de saison car nous sommes les champions des matches nuls. Le groupe est solide, nous pouvons y arriver.

Photo : DR - Article publié le 4 février 2013

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