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Fauvergue, à la recherche du bonheur

Serial buteur de Ligue 2 avec Strasbourg et Sedan, Nicolas Fauvergue a rejoint le FC Metz en prêt cet été avec la volonté de retrouver le plaisir de jouer. Un plaisir anéanti l’an passé à Reims, par un faible temps de jeu et surtout un environnement délétère. Pris en grippe par le public rémois, le Nordiste se tourne vers l’avenir sereinement. Et loin de la Marne.

Il a eu le malheur d’arriver au Stade de Reims l’année du départ de Cédric Fauré, l’emblème du club. Appelé par l’entraîneur, Hubert Fournier, à « compenser » le départ de l’attaquant aux 83 buts en 192 matchs, lors de l’été 2012, Nicolas Fauvergue n’aura guère le temps de contenter le public du stade Auguste-Delaune. « Je me suis fait siffler dès mes premières apparitions sur le terrain, se souvient l’attaquant de 28 ans. Pour le public, j’avais évincé Cédric Fauré et je ne méritais pas de considération. » Sifflé dans le stade, insulté dans les rues de Reims, Nicolas Fauvergue vit un calvaire de dix mois. « Je n’ai pas compris très honnêtement. On sortait du cadre du football. Mais tout ça, c’est du passé et je profite de ma nouvelle vie à Metz. » Sous contrat avec Reims jusqu’en 2015, le Béthunois parvient à quitter la Marne pour la Moselle, pour un an. « On cherchait un joueur qui connaissait bien la Ligue 2, qui marque beaucoup et qui avait un profil un peu différent des attaquants de l’effectif, notamment au niveau du gabarit, explique son entraîneur, Albert Cartier. Nicolas est un joueur qui a toujours eu de l’importance dans les clubs de Ligue 2 dans lesquels il est passé et c’est ce type de joueurs que nous recherchions pour associer à des profils plus explosifs comme Diafra Sakho ou Thibaut Bourgeois. Et puis, pour les autres joueurs, avoir une recrue de ce calibre montre nos ambitions en Ligue 2. Il avait besoin de fraîcheur après une saison compliquée à Reims. Il vient respirer à Metz. » Auteur de 34 buts en 87 matchs de Ligue 2 avec le RC Strasbourg (2009-2010) et le CS Sedan-Ardennes (2010-2012), Nicolas Fauvergue est conscient de l’attente suscitée par son arrivée en Lorraine, et jouit d’une bonne cote auprès du public de Saint-Symphorien. Souvent associé à Diafra Sakho, Nicolas Fauvergue découvre un nouveau rôle auprès d’Albert Cartier. « Il me demande de participer au travail défensif alors que j’avais l’habitude, par le passé, d’être un vrai numéro 9. Je travaille beaucoup plus pour l’équipe et décroche souvent. Un rôle de rampe de lancement pour l’autre attaquant de pointe. C’est nouveau pour moi mais je m’y plais bien. »

Rejeté par Lens, accueilli par Lille

Né à Béthune, Nicolas Fauvergue rejoint le Racing Club de Lens à 13 ans… qui le met dehors deux ans plus tard. « Après un match U15 avec le Racing, un dirigeant vient me dire sèchement : « on ne te garde pas ». Et surtout, sans explication ! Je suis retourné jouer dans ma ville, à Béthune. » Aux côtés de Chérif Oudjani qui termine sa carrière à Béthune après avoir s’être fait connaître du grand public à… Lens, Nicolas Fauvergue revit en CFA2. « Outre le fait d’être mon coéquipier, Chérif était aussi l’adjoint de Pascal Plancque, le coach de la CFA de Lille. Il m’a proposé de venir faire un tournoi avec la réserve du LOSC… C’est à partir de ce moment-là que mon histoire avec Lille a commencé. » Une revanche chez l’ennemi juré qui va lui permettre de signer son premier contrat pro chez les Dogues, sous l’ère Claude Puel, en 2003. « C’est grâce à Pascal Plancque que j’ai réappris le football de haut niveau et que j’ai progressé. Je lui dois énormément. » Deux ans en CFA avant une première apparition en pro le 18 octobre 2003 contre Ajaccio et un premier but, un an plus tard, contre… Lens.

Après le derby du Nord, le derby de Lorraine

En manque de temps de jeu, assujetti à une concurrence féroce chez les Dogues (Hazard, Frau, De Melo, Gervinho, Aubameyang), Fauvergue est prêté à Strasbourg en 2009, en Ligue 2 (15 buts en 29 matchs) puis à Sedan la saison suivante (11 buts en 36 matchs) avant d’y signer définitivement à l’aube de la saison 2011-2012. Une saison réussie sur le plan personnel (15 buts en 34 matchs) qui le pousse à retrouver la Ligue 1, au Stade de Reims, avec la suite que l’on connaît (3 buts en 25 matchs). « Mes années en Ligue 2 ont été, jusqu’à maintenant, mes meilleures années de footballeur sur le plan comptable, rappelle le numéro 27 messin. J’y ai connu de bons entraîneurs comme Pascal Janin, par exemple, à Strasbourg même si, sportivement, les clubs dans lesquels je suis passé ont connu des soucis sportifs par la suite. » Buteur lors de son premier derby du Nord en 2004, Nicolas Fauvergue a découvert l’ampleur de sa version lorraine. « C’était tout simplement magnifique. Ce stade plein et heureux au coup de sifflet final, c’était quelque chose de fort même pour un joueur comme moi qui n’est pas de la région. Je n’avais pas idée de l’ampleur de ce derby auprès des supporters messins. C’était un beau moment. » Le bonheur est finalement sur le pré.

Photo : FC Metz - Article publié le 26 décembre 2013

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