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Danny Boffin : la mobylette est à sec

Ancienne gloire du FC Metz à la fin des années 90, Danny Boffin est aujourd’hui empêtré dans des affaires financières difficiles qui pourraient le mener jusqu’à la banqueroute. Surnommé « la Mobylette » pour sa rapidité sur le terrain, l’ancien international belge tente de se refaire la cerise du côté de Saint-Trond.

Il reste sans conteste l’une des plus belles trouvailles du président Carlo Molinari. Dynamiteur aux côtés de Robert Pirès avant d’être l’habile complément de Frédéric Meyrieu à partir de 1998, le milieu de terrain belge aura marqué la glorieuse époque du FC Metz. Et c’est à Saint-Trond, ville néerlandophone de Belgique de 40 000 habitants, située dans la région flamande, que l’on doit la naissance de Danny Boffin. C’est d’ailleurs dans le club de la ville, le Koninklijke Sint-Truidense Voetbalvereniging (K. Saint-Trond VV pour les Francophones), que le milieu de terrain de petit gabarit (1,72m) débute sa carrière. « Mon cœur a toujours été Canari (surnom de l’équipe de Saint-Trond, NDLR) et mes premiers pas sous ce maillot reste un moment important de ma carrière », souligne l’ex international belge. Après trois ans passés à « de hel van Staaien » (« l’enfer du Staaien », du nom du stade du Saint-Trond VV : le Staaienveld, NDLR), Danny Boffin rejoint le RFC Liège et participe aux dernières grandes années des Sang et Marine, aujourd’hui dans les fins fonds du championnat belge. Mais son passage à Liège, de 1987 à 1991 lui offre sa première cape avec la sélection belge, en août 1989 contre le Danemark. « Mon passage avec les Diables Rouges m’a permis de disputer quatre Coupes du monde, ce qui n’est pas arrivé à tout le monde. 53 sélections, c’est quand même pas mal non ? » Il tape alors dans l’œil de l’ogre belge, le RSC Anderlecht, qui recrute l’ailier gauche en 1991.

« Le FC Metz m’a jeté comme un chien »

Aux côtés des monstres du football belge que sont Marc Degryse ou Philippe Albert, Danny Boffin brille sous les couleurs du Sporting. Après six ans passés au stade Constant Van den Stock et trois titres de champion plus tard, c’est le FC Metz qui profite de l’aubaine et recrute le joueur alors âgé de 32 ans. « Mon passage à Metz était quelque chose de super. Je pense que je suis parti tardivement vers le championnat de France. J’avais quand même 32 ans. J’ai quitté la Belgique un peu trop tard mais j’ai quand même passé trois bonnes saisons. On a été vice-champion de France, on a été en finale de la Coupe de la Ligue. » Surnommé « la Mobylette », le milieu de terrain belge fait lever les foules à Saint-Symphorien et participe aux côtés de Rigobert Song, de Robert Pirès et de Lionel Letizi entre autres, du fameux titre de vice-champion de France de Ligue 1 en 1998. Ses premières années réussies tapent d’ailleurs dans l’œil des grands clubs hexagonaux. « Quand j’étais à Metz, j’ai au l’occasion d’être transféré à Marseille mais le club ne voulait pas. Ça veut dire que j’ai quand même montré quelque chose en France. » Titulaire indéboulonnable du schéma tactique de Joël Muller, Danny Boffin excelle dans son rôle de meneur de jeu. « Quand je suis arrivé à Metz, Joël Muller m’a replacé alors que pendant toute ma carrière, j’ai joué à gauche. Mais je n’aimais pas coller la ligne. C’est dommage que ce soit arrivé alors que j’avais déjà 32 ans. C’est l’un de mes regrets. » Durant trois saisons et demies, Danny Boffin brille sous le maillot grenat, jouant la bagatelle de 113 matches de Ligue 1 avant de partir, lors du mercato hivernal, dans son club de cœur, à Saint-Trond, en janvier 2001. Un départ qui laissera des traces.

Déclarations maladroites, problèmes financiers…

Quelques semaines après son départ de Metz, Boffin règle ses comptes : « Le FC Metz m’a jeté comme un chien. » La réponse ne se fait alors pas attendre dans une lettre ouverte du président Carlo Molinari : « Je te rappelle que le club a été d’une extrême correction en te réglant la totalité de ton contrat qui courait jusqu’au 30 juin 2001.

D’autre part, c’est dommage que tu aies omis de parler de ton comportement (…) où tu as jeté ton maillot aux pieds de Joël Muller, ce qui était déjà une faute grave ou contre Lille,  quand tu t’en es pris au public en faisant un bras d’honneur, un doigt levé et autres signes… » Les histoires d’amour finissent pas toujours bien. Aujourd’hui entraîneur adjoint à Saint-Trond, Danny Boffin, 45 ans, n’en a pas fini avec les ennuis… financiers ceux-là. En septembre dernier, le tribunal de commerce de Hasselt a prononcé jeudi sa faillite personnelle. Danny Boffin avait investi, à l’époque où il était joueur professionnel, dans des projets immobiliers qui ont mal tourné. « La Mobylette » avait par ailleurs été impliquée en 2007 dans un dossier de fraude, pour lequel il avait obtenu une suspension du prononcé. Selon son avocat, l’ancien joueur de Liège, Saint-Trond, Anderlecht, Metz et du Standard avait, début 2005, des dettes auprès de 26 créanciers, pour un montant total de 500 000 euros. Mais faisons confiance à « la mobylette » pour repartir de plus belle…

Photo : DR - Article publié le 17 janvier 2013

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