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Championnat des pelouses naturelles : Metz version Ligue des Champions

Dauphin du championnat des pelouses de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain en début d’année civile, le FC Metz est devenu l’une des références des aires de jeu dans notre championnat de France. Champion de Ligue 2 la saison passée et actuel 6e du championnat des pelouses naturelles, le club a beaucoup œuvré en coulisses pour s’offrir une pelouse 4 étoiles. Reportage.

Depuis quatre ans et la mise en place par la Ligue de football professionnel d’un championnat des pelouses naturelles en Ligue 1 et Ligue 2, le FC Metz s’est attelé à faire de cette « compétition » un vrai cheval de bataille. Au point de truster les podiums depuis son lancement, lors de la saison 2013/2014. Mis en place sur le modèle de ce qui se fait depuis plusieurs années en Premier League et en Bundesliga, le classement a pour objectif « d’améliorer la qualité des pelouses en introduisant une notion de compétition », explique la LFP. Si Paris est le champion incontesté depuis son lancement, le FC Metz peut se targuer d’être très bien placé chaque année, avec une deuxième place obtenue en début d’année au classement et une note globale actuelle de 18,2. Aujourd’hui rétrogradée à la 6e place avec une moyenne de 16,2, la pelouse de Saint-Symphorien est souvent bien placée. La situation des autres clubs de Ligue 1 est aujourd’hui variée. Les téléspectateurs peuvent s’attendre à assister cet hiver encore à quelques matches joués sur des terrains indignes du plus haut niveau, mais un constat s’impose : la qualité moyenne des gazons progresse. Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’augmentation des pelouses dites « hybrides » ou à « substrat renforcé fibré » selon le terme consacré par la LPF. Ces gazons 100 % naturels renforcés par un ancrage sur un substrat de fibres synthétiques utilisés par la quasi-totalité des clubs de Premier League, en Angleterre. « Nous avons opté pour une pelouse hybride car l’entretien de celle-ci est plus aisé, explique Jean-François Girard, directeur de l’organisation et de la sécurité du FC Metz et référent pelouse auprès de la Ligue. Il fallait changer car lors de la première saison du championnat, nous avions fini à une mauvaise place dans ce championnat des pelouses. » Cette compétition ne donne lieu à aucun bonus ni pénalité financière, mais il est suivi avec attention par les clubs et constitue même pour certains une vraie incitation à mieux faire. Conclusion, les Grenats évoluent sur un billard depuis l’installation lors de l’été 2014 d’une pelouse hybride. Une réussite qui prouve aussi que l’argent ne fait pas tout.

Metz 2, et Monaco 16e

Malgré l’un des budgets les plus faibles de Ligue 1 (30 millions d’euros), Metz n’a pas hésité à investir plus d’un million d’euros pour la reconstruction du terrain, et possède quatorze places d’avance sur Monaco, qui dispose d’un budget presque cinq fois supérieur. « C’est un travail quotidien pour entretenir une pelouse et garder cette qualité, ajoute Jean-François Girard. Nous avons installé un système de chauffage au sol pour garder la pelouse à une température adéquate et nous activons, tous les jours, un système de luminothérapie pour nourrir la pelouse et compenser l’absence de lumière du soleil notamment durant la saison hivernale. » La luminothérapie, modèle lancé outre-Manche où les pelouses sont d’une qualité remarquable dans presque tous les stades, est un procédé encore peu développé en France, qui permet de faire pousser le gazon en zone sombre et ombragée tout au long de l’année. Une expérience menée à Monaco en 2006 a rapidement montré les bienfaits de la luminothérapie. En un mois, sur un terrain qui n’est pourtant pas l’un des moins éclairés de France, l’impact était colossal avec une seule rampe. « Grâce à ces procédés, l’herbe se régénère toute l’année. Et comme la pelouse est souvent sollicitée, cela permet de la renouveler en peu de temps. »

Plébiscitée par les acteurs de la Ligue 1, la pelouse du Stade Saint-Symphorien fait des jaloux dans des stades pourtant bien plus récents et plus grands que l’enceinte messine. A Toulouse, l’affaire de la qualité de la pelouse du Stadium tourne au règlement de comptes avec Toulouse Métropole. L’état de cette pelouse, attaquée par un champignon, est un marronnier depuis le début de saison des Violets. Après le président du club Olivier Sadran, c’est le coach Pascal Dupraz, visiblement désabusé, qui déplorait la situation : « La pelouse du Stadium ressemble au désert de Gobi. Elle est désertique. Je le déplore et cela m’embête par rapport à nos adversaires, par rapport à la Ligue de football professionnel. » A Metz, pas de problème de ce genre. Un chauffage au sol, qui se met en route quand la température descend en dessous de 8°C, permet de faire fondre le gel ou les flocons éventuels et ainsi éviter un bâchage qui mettrait à mal la qualité du terrain. « On ne bâche plus de nos jours. Cela étouffe la pelouse, et puis lorsque l’on retire la bâche, on peut arracher l’herbe si soigneusement traitée. Du coup, avec notre système de chauffage, il faudrait une température très négative pendant plusieurs jours consécutifs avant un match pour vraiment s’inquiéter. » En attendant d’obtenir son maintien, le FC Metz veut conserver sa place en Ligue des Champions des pelouses naturelles de Ligue 1.

 

Notation, comment ça marche ?

A chaque journée de championnat, chaque pelouse naturelle est évaluée par les capitaines de chaque équipe, les entraîneurs de chaque équipe, l’arbitre central de la rencontre et le réalisateur TV principal de la rencontre. Les critères d’évaluation, au nombre de 5, sont les suivants : la trajectoire du ballon au sol, la souplesse et la dureté du sol, la qualité des appuis, la qualité du tapis végétal (densité, couleur, homogénéité), la note d’appréciation globale de l’aire de jeu. Le réalisateur TV note, quant à lui, les aspects visuels, la couleur, le comportement du ballon, le comportement du joueur et la note d’appréciation globale de l’aire de jeu. Chaque critère fait l’objet d’une note de 1 à 20. En fin de saison, les classements sont homologués par le Comité stratégique stades sur proposition de sa Commission surfaces de jeu. L’an passé, le PSG avait déjà terminé champion devant Troyes. Metz avait remporté le championnat des pelouses naturelles de Ligue 2. A noter que l’AS Nancy-Lorraine ne participe pas car son terrain principal est synthétique.

Photo : DR - Article publié le 10 mars 2017

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