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Lettre à Albert Cartier

Albert, j’ai besoin de te parler… Les semaines passent et se ressemblent pour le FC Metz. La bonne série que tu souhaitais pour te rapprocher du maintien n’aura accouché que de deux misérables petits points sur 15 possibles. Vaillants mais incapables de mener au score face à une équipe d’Evian-TG moins à l’aise en seconde période, tes joueurs auront au moins marqué un but. On fait quoi maintenant ?

Cher Albert,

Je t’écris cette lettre car je n’ai plus d’idées. Chaque week-end, c’est la même ritournelle. Je m’installe devant mon ordinateur et j’essaie de trouver des motifs d’espoir à coucher dans mon article après une journée de championnat sans victoire. J’ai beau regarder les matchs, j’ai beau naïvement croire, au coup d’envoi, que la victoire est possible, mais au final, le résultat est le même. J’éteins la télévision ou je quitte le stade en me demandant pourquoi vous êtes dans l’incapacité chronique de gagner, et souvent même de marquer un but. Juste un but.

 

Albert, j’apprécie ton optimisme après cette nouvelle défaite. Avant il me touchait, puis il m’étonnait, aujourd’hui, il me fait sourire. Jaune. Je sais, c’est ton rôle de ne pas lâcher, dans ton tempérament de gagnant de pousser tes joueurs à se battre jusqu’au bout, mais là, Albert, entre nous, il ne faut pas tomber dans l’exagération. A t’entendre, « pour le maintien, tout est encore faisable. On a toujours notre avenir entre les mains. Il faudra faire un sacré parcours pour aller chercher le maintien. Mais tout est possible, sportivement c’est jouable. On doit gagner sept matchs. Ce serait dommage d’avoir fait autant d’efforts depuis deux ans et demi pour lâcher maintenant ». 

« Je veux bien te croire Albert, mais si tu me trompes… »

A qui peut-on faire croire qu’on peut déceler des signes d’optimisme après une nouvelle défaite à domicile, contre un concurrent au maintien qui plus est, après premier acte complètement manqué, et qui a juste accouché d’un petit but ? A qui peut-on faire croire que l’on peut gagner 7 des 13 derniers matchs alors que les Grenats sont incapables d’en remporter un seul depuis 15 matchs ? A qui peut-on faire croire que les Grenats peuvent remporter 7 des 13 derniers matchs alors que se dressent sur leur route Marseille, Paris, Monaco ou Saint-Étienne ? A qui peut-on faire croire que les Messins peuvent glaner 21 points en se déplaçant à Bordeaux, Caen ou Rennes ? Soyons humbles. « L’humilité rend invulnérable. »

 

Alors, moi, Albert, je veux bien te croire. Je veux bien faire preuve d’optimisme. Ce sera bien la première fois depuis Noël vous concernant. Mais ne me berne pas. Ne me fais pas croire monts et merveilles pour finalement m’inviter à voir Metz-Laval en septembre prochain. Je te fais confiance ! Allez, je vais croire en toi, en ton groupe, pour ce déplacement à Rennes où les 3 points seront à portée de tir pour que le maintien se dessine un tout petit peu mieux qu’aujourd’hui.

 

Mais si tu me trompes, Albert, toi et tes joueurs dont tu dépends (beaucoup) trop, il faudra assumer et dire la vérité aux gens. Nous expliquer pourquoi cela n’a pas fonctionné. Ce qui a changé entre novembre et mars. Ceux qui n’ont pas assumé, assuré, respecté le club et bafoué ce maillot. En cas de descente, il faudra rendre des comptes aux supporters. Ceux qui ne lâchent pas l’équipe malgré la série noire. Tu as beau ne pas la citer, la Ligue 2 n’est pas une honte. Nomme là pour lui donner une vie. Car elle va peut-être devenir celle du FC Metz en juin prochain. « Nous sommes riches aussi de nos misères. »

 

Bien à toi,

Photo : DR - Article publié le 2 mars 2015

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