MOLINARI Carlo

Sport : Football

Club : Retraite sportive

Date de naissance : 28 février 1933

Lieu de naissance : Villerupt

Biographie


Son arrivée à la présidence du FC Metz, en 1967, c’est Carlo Molinari qui en parle le mieux : « À l’époque et je le dis très modestement, j’étais l’un des sportifs les plus en vue du département eu égard à mon parcours de champion de France de moto-cross. Devant la volonté du président Paul Mayer de se retirer des affaires et sous l’impulsion conjuguée de Raymond Mondon, le maire de Metz, Jean Laporte, le préfet de l’époque et des membres les plus influents du Républicain Lorrain, je me suis retrouvé à la tête du FC Metz. Mon père avait peur que ça influe sur le fonctionnement de mes affaires : il s’est rapidement laissé convaincre dans la mesure où il était un supporter acharné de football. À cette époque, il soutenait l’équipe de Nancy : il est simplement passé de l’autre côté ! Je tiens aussi à souligner que la présidence du FC Metz était avant tout une aventure entre amis : je me suis laissé embarquer mais j’étais bien entouré : Roger Carpi, Paul Rethien, Pierre Mertes et bien d’autres faisaient partie du groupe. »

Né en 1933, Carlo Molinari s’ouvre au sport au guidon d’une moto-cross, au point de devenir champion de France à trois reprises entre 1952 et 1955 et parfait sa condition physique en s’entraînant avec les joueurs de football du… FC Metz. Le début de l’idylle. Président du club en 1967, Carlo Molinari fera un intermède en quittant son siège de 1978 à 1983. « J’ai dû faire face à l’ambition démesurée de certains hommes politiques. Comme la ville de Metz était le plus gros sponsor, certains voulaient avoir davantage leur mot à dire dans la gestion du club. Or, on est rapidement revenu me chercher pour être directeur sportif. Plus préoccupant, à l’été 1983, le club est menacé de dépôt de bilan. La municipalité, en particulier Jean-Marie Rausch avec qui j’ai toujours entretenu de très bonnes relations, appuie mon retour. Mes prédécesseurs souhaitaient que la Ville verse au club 10 millions de francs pour assainir la situation critique. J’ai fait sans en optant pour une gestion plus sage. »

C’est en 1984 que Carlo Molinari remporte son premier trophée en tant que président, lors de la finale de Coupe de France remportée face à Monaco. « Les victoires en coupes nationales, sur le plan émotionnel, c’est encore plus fort que le championnat car lorsque l’on a la chance d’être finale, et c’est une grande tension à vivre. Avec Metz, nous avons perdu qu’une finale sur cinq (face à Lens en Coupe de la Ligue, en 1999, NDLR) et c’est très douloureux de repartir dans la peau du vaincu. » Metz remporte une seconde coupe de France en 1988 aux dépens de Sochaux et une Coupe de la Ligue en 1996 face à Lyon, au Parc des Princes.

Carlo Molinari passe la main en 2009 après 37 ans de présidence. « Depuis 2008, Bernard Serin était actionnaire majoritaire du club, et président depuis 2009. Pourquoi 2009 ? Car il l’a refusé en 2008 étant trop occupé avec les affaires de son entreprise. Mais en 2009, je lui ai dit que c’était à lui, en tant qu’actionnaire majoritaire, de prendre la tête du club et j’ai toujours pensé que c’est celui qui paye qui doit diriger. Mon rôle aujourd’hui est celui de consultant du président. La décision finale est prise par Bernard mais je lui apporte mon aide. Je suis vice-président-conseiller. J’ai été nommé vice-président plutôt que président d’honneur car cela m’a permis de participer encore au football national, et d’être au conseil fédéral par exemple. »

37 ans de présidence, ni plus, ni moins. « Ce que je retiendrais de mes 37 ans de présidence, c’est que j’ai eu la chance de rencontrer des hommes importants, des personnalités attachantes, qui m’ont façonné, quelque part. Car il ne faut pas oublier que j’étais très jeune au départ, j’étais un président de Division 1 de 34 ans, et j’avais des joueurs dans mon effectif qui étaient plus âgés que moi. Cela m’a aussi permis de connaître de gens de grande qualité comme Jean Sadoul, Jacques Georges ou Henri Germain pour ne citer que ceux-là et à leurs contacts, j’ai beaucoup appris. »


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