N°102

Septembre

- Le FootGolf avec Stéphane Borbiconi
- Moselle Open : Marin Cilic en guest
- Préparateur mental avec Claude Cunego
- L'essai de la Bugatti Chiron

L'édito du mois

Le culte de la culbute

« Malheureux celui qui lit sa gloire dans le regard versatile du public. » Diome

Bruno Génésio n’est pas de ceux-là. L’entraîneur de l’Olympique Lyonnais n’a de gloire ni de prestige que dans le nom de sa fonction. Car l’ancien enfant du club est aujourd’hui un adulte malmené. Malmené déjà par son public, tout ou partie, hostile dès sa nomination, lançant une pétition en décembre 2015, et récoltant plusieurs milliers de signatures. Auditoire véhément qui ira jusqu’à siffler son équipe après une victoire à Rennes, comme pour attester de son animosité envers son coach, annoncé restant par de nombreux médias. Mais Génésio doit aussi compter sur un président soupe-au-lait, Jean-
Michel Aulas pour ceux ignorant encore l’existence de l’omnipotent patron de l’OL, qui multiplie les saillies médiatiques à l’encontre du futur de son coach. Un président qui ne cachait pas son envie, en interne, de prolonger son entraîneur en annonçant donner sa décision le soir du 2 avril. La défaite surprise de l’OL en demi-finale de la Coupe de France, à domicile contre Rennes, a bouleversé les plans du boss Aulas, le contraignant, contre toute attente, à reporter sa décision de prolonger son coach, en fonction du classement final de son club en Ligue 1. Le poste d’entraîneur n’est pas de tout repos, celui de Génésio n’a jamais été un cadeau.

« Si tu veux être heureux, être un homme libre, laisse les autres te mépriser. » Sénèque

Mais la vie mouvementée du métier ne doit pas faire oublier qu’un autre entraîneur vit des heures plus sombres, loin de son groupe, absent depuis la fin d’année civile, pour rester aux côtés de son épouse, malade, et contraint de rester à Nice pour veiller sur elle. Frédéric Antonetti, le coach du FC Metz, préférerait sans aucun doute se faire huer par ses propres supporters et rudoyer par son président, quitte à s’en arracher quelques cheveux, que de vivre des instants douloureux et alarmants.

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux. » Marc Aurèle

 

Guillaume Quignon, journaliste