N°93

Novembre 2018

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L'édito du mois

Hantz, déballage utile… ou pas

Quand un entraîneur déballe son sac en fin de saison, alors que l’orchestre a fini son concert, que le rideau est tombé et que le public a quitté la salle – non sans avoir jeté quelques fruits et légumes sur des musiciens de seconde zone – il y a deux écoles.

 

Ceux qui applaudissent des deux mains en admirant le courage d’un entraîneur sans langue de bois, capable de mettre son poste en péril en dénonçant, je cite, « une inertie incroyable dans ce club » et se plaignant n’avoir eu « aucun message de la direction » depuis l’officialisation de la relégation du FC Metz en Ligue 2. « Aujourd’hui, cette inertie ne peut plus continuer. »

 

Et puis il y a ceux qui trouvent cette initiative un peu tardive, voire trop facile, alors que le club est déjà relégué et que le coach n’a jamais clamé une grande envie de continuer. « Tu arrives dans un club en grande difficulté et pour servir de bouclier à la situation. Il y a des choses qui m’ont choqué, d’autres surpris et très souvent désagréablement. »

 

Après la défaite fatale contre Angers à Saint-Symphorien, Frédéric Hantz a décidé d’allumer tout le monde. « Aujourd’hui, on a 27 joueurs professionnels, il y en a 16 qui n’ont pas le niveau. Sur les 11 qui ont le niveau, il y en a 5 qui ont été blessés plus de 6 mois. Comment vous voulez jouer un maintien dans ces conditions-là ? » Pour quelle utilité une fois que tout est fini ? Se venger d’une saison noire où rien ne lui aura été épargné, entre les clashs en interne (Cafu, Bisevac), les manques de soutien évidents et les prestations catastrophiques de certains ? Se saborder pour partir d’un club qu’il n’avait jamais réclamé en tant que pompier de service ?

 

La question était de savoir aussi si Hantz voulait de la Ligue 2. Car Hantz est un ambitieux qui n’a jamais souhaité retourner à l’échelon inférieur après l’avoir quitté avec Bastia en 2012. Son départ acté en est (sûrement) la preuve. Alors qui sera le coach de ce club, le seul où « il faut faire 300 m entre le vestiaire et le terrain. Le seul club où la salle de musculation est à l’étage et elle ne fait que 54 m². Le seul club où il n’y a pas un médecin à plein temps » ? Réponse bientôt.

 

Guillaume Quignon, journaliste

 

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