Miralem Pjanic : Le diamant est éternel

Date : 6 mars 2015 - Auteur : Moselle Sport - Photo : DR

Petit prince de la Ville Éternelle depuis 2012, Miralem Pjanic est le dernier joyau de la formation messine, brillant aujourd’hui de mille feux sous les couleurs de l’AS Roma. Passé par Lyon après une seule saison sous le maillot messin, l’international bosnien, qui a participé à la Coupe du Monde 2014 au Brésil, est aujourd’hui le maître à jouer de l’équipe de Rudi Garcia et ne laisse pas insensible bon nombre de cadors européens. Portrait.

La comparaison avec le « grand » Robert Pirès n’a pas traîné. Les premiers pas de Miralem Pjanic sur les pelouses du centre d’entraînement de la Plaine Saint-Symphorien ont été scrutés, épiés et disséqués par les plus grands clubs européens, alors que le jeune gamin de 16 ans, tout récent professionnel, n’avait pas encore fait une seule apparition en Ligue 1. « Miré » est de ceux que l’on admire, dont on profite, amené à rapidement prendre son envol dans un club plus prestigieux. « Pjanic ? C’était un joyau. On l’a vu jouer plusieurs fois avec les sélections jeunes du Luxembourg, explique Carlo Molinari, l’ancien président du FC Metz. Le plus grand souvenir que j’ai de lui, c’est un match de l’équipe nationale des 16 ans du Luxembourg contre la Belgique. Le Luxembourg est une très petite fédération à côté de la Belgique. Le match s’est terminé sur un score incroyable, 5-5, avec quatre buts et une passe décisive de Pjanic. Quand vous voyez ça, vous êtes subjugués. » Accompagné du secrétaire général de la Fédération luxembourgeoise de football et du sélectionneur national de l’époque, et ancien Messin, Guy Hellers, « Miré » signe sa première licence à Metz en 2003, alors que de grands clubs étrangers le courtisaient ardemment (Ajax Amsterdam, Inter Milan, Juventus Turin…). Il n’a que 13 ans. Déjà un petit prodige. « Je ne regretterai jamais ce choix. Metz est un club familial, formateur, proche du Luxembourg. » Miralem Pjanic est né le 2 avril 1990 – quelques mois après l’avènement de Slobodan Milosevic, à l’origine de l’embrasement de l’ex-Yougoslavie – à Rainci Gornji (Bosnie-Herzégovine). Quelques mois après sa venue au monde, la guerre en ex-Yougoslavie dévaste le pays voisin, la Croatie, et à l’automne 1991, le conflit menace la Bosnie. Farhudin, le papa de Miralem, ancien attaquant de deuxième division en Bosnie, s’exile en éclaireur à Schifflange au Luxembourg, où un copain footballeur l’aide à trouver une licence semi-professionelle, des papiers et un emploi dans le bâtiment. Farhudin Pjanic n’est pas étranger à la passion dévorante pour le football de son jeune garçon. « Il m’emmenait avec lui lorsqu’il allait s’entraîner, se souvient Miralem. Je prenais plaisir à le regarder jouer. » Exit le conflit et la Bosnie, les Pjanic trouvent refuge au Luxembourg.

Metz puis l’envol à Lyon

De son enfance au Luxembourg, le milieu de terrain de l’AS Roma ne garde que de bons souvenirs. Le Grand-Duché a très rapidement adopté la famille Pjanic, en quête d’une vie meilleure. « Grâce au foot, mon père a réussi à avoir des papiers, ce qui nous a permis de rester vivre au Luxembourg et d’échapper au conflit en Bosnie. » Et le retrouver à Metz, à quelques dizaines de kilomètres de la nouvelle vie des Pjanic n’est pas un hasard. « On n’a pas eu trop à les forcer, raconte Carlo Molinari. Ils ont vu que le FC Metz était le meilleur tremplin pour leur fils. Ils connaissaient la maison, le centre de formation, savaient que les mômes étaient encadrés sur le plan scolaire. Et il restait près de sa famille. » Francis De Taddeo, qui hérite du joyau, garde un excellent souvenir de son passage au centre de formation grenat. « Il était déjà très rigoureux, très ambitieux, et il avait envie de réussir une belle carrière. Il était constamment à l’écoute de son entraîneur, des responsables du centre de formation. C’était un garçon merveilleux à entraîner. » Très précoce, il signe son premier contrat professionnel à 16 ans – une rareté au FC Metz – et découvre la Ligue 1 un beau jour d’août 2007, contre le Paris Saint-Germain. Affublé d’un numéro 33, Pjanic impressionne déjà. « Il s’entraînait déjà avec les pros depuis quelque temps, explique Francis De Taddeo, à l’origine de sa première apparition en pro contre le PSG. J’avais pas mal d’absents dans ce secteur de jeu et j’ai fait ce que j’avais à faire, à savoir lancé le jeune dans le grand bain et je crois avoir bien fait. » Après 38 matchs avec le FC Metz (et 4 buts), Miralem Pjanic quitte son club, relégué en Ligue 2, pour l’Olympique Lyonnais et 7,5 millions d’euros. « Quand Lyon m’a sollicité, je n’ai pas hésite une seconde. C’est le club référence en France. Déjà à Metz, je suivais leurs performances, j’étais devenu supporter de cette équipe lyonnaise avec les Essien, Diarra… » Nous sommes en 2008 et Pjanic a une autre décision importante à prendre : le choix de sa sélection nationale. Courtisé par le Luxembourg, la Bosnie et même la France, Miralem opte pour la Bosnie, « le pays où je suis né. C’est un choix de cœur ». Une première année difficile (la perte de vitesse de l’OL et la première grosse blessure de sa carrière) avant de devenir un élément important de la formation de Claude Puel lors de la deuxième année, ponctuée par un but important contre le Real Madrid en Ligue des Champions. En 2010, Yoann Gourcuff signe à l’OL. « Je ne pense pas que les dirigeants l’ont recruté parce qu’ils étaient déçus par mes performances », expliquait-il à l’époque. En 2011, après trois ans passés en Rhône et Saône, Pjanic franchit les Alpes et rejoint l’AS Roma. Il confirme aujourd’hui tous les espoirs placés en lui. « La Roma, c’est un club mythique et un stade exceptionnel. Je ne pouvais pas refuser cette offre. Je suis épanoui ici et je compte bien marquer l’histoire du club. » Courtisé par le Paris SG cet été après avoir joué la première Coupe du Monde de l’histoire de la Bosnie, Pjanic est resté en Italie. Et il n’a pas encore fini de faire parler de lui.



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