Margot Dumont, nouvelle vague

Date : 24 janvier 2018 - Auteur : Moselle Sport - Photo : DR

Elle est l’un des visages de la nouvelle vague de journalistes découverte depuis le lancement de beIN SPORTS en 2012. Des reportages pour l’émission Dimanche Ligue 1 aux interviews bord terrain, la Lyonnaise est rapidement devenue une incontournable de la chaîne. Fan de foot et pratiquante émérite, Margot Dumont capitalise tout en plaisir. Portrait.

Mariella Tiemann, Claire Arnoux, Anne-Laure Bonnet, Vanessa Le Moigne, Charlotte Gabas… les femmes ont le vent en poupe sur la chaîne de télévision à péage beIN SPORTS. Animatrices ou journalistes, la place des femmes sur la chaîne qatarie n’est pas galvaudée. Margot Dumont est l’une d’elles. Et pas la plus méconnue. Très active sur les réseaux sociaux, la journaliste cumule 18 500 abonnés sur Instagram, 35 600 abonnés sur Twitter et est suivie par 4 530 personnes sur Facebook. « J’ai la chance d’avoir beaucoup de bienveillance des personnes que je peux croiser dans la vie de tous les jours, sourit la journaliste de 27 ans. Il y a eu un vrai virage après l’Euro 2016. J’ai l’impression qu’une certaine légitimité est arrivée auprès du public après cette compétition. Je suis gênée par cette reconnaissance. Je suis ravie de tous ces signes d’attention, dans la rue comme sur les réseaux sociaux. Je prends soin de répondre à tout le monde. D’ailleurs, récemment, lors d’un match à Metz, un couple de Messins avait fait une banderole sur moi. Ça m’a beaucoup touché. » Journaliste émérite, passée notamment par OLTV, L’Équipe TV (devenue L’Équipe 21 depuis), Canal +, Margot Dumont rejoint la chaîne beIN SPORTS en 2012, après un dernier passage à Infosport +. Journaliste bord terrain, la Lyonnaise réalise également de nombreux reportages pour l’émission Dimanche Ligue 1, présentée par Florian Genton et Luis Fernandez. « J’ai réalisé plus de 140 reportages en 4 ans. J’essaie un maximum de présenter des joueurs sous un angle différent de ce que l’on voit habituellement à la télévision. Je ne trouve pas d’intérêt de présenter un joueur en parlant de son enfance, de son passé en club… Je préfère faire découvrir une facette différente du personnage. » Récemment, Margot Dumont a consacré un reportage au joueur portugais de Guingamp, Pedro Rebocho, et sa passion pour le rap. « J’ai également réalisé un portrait du joueur de Toulouse, Jimmy Durmaz, fils de réfugié libyen, très croyant, ou encore avec le président de l’OGC Nice, Jean-Pierre Rivère sur le futur centre d’entraînement niçois. » Fan de foot depuis son enfance, Margot Dumont partage alors sa passion entre le club de sa ville d’enfance, l’Olympique Lyonnais, et sa seconde maison, l’Allemagne. « Ma maman est Allemande et j’ai eu la chance d’être bercée dans la culture franco-allemande. Je suis donc particulièrement la Mannschaft depuis mon enfance. Mon bilinguisme m’a permis d’être attachée à l’équipe d’Allemagne lors du dernier championnat d’Europe en France. J’ai passé un mois fabuleux aux côtés des joueurs allemands. Cela reste l’un de mes meilleurs souvenirs de ma jeune carrière. » Une particularité qui lui a permis de côtoyer certaines idoles de jeunesse, comme l’ancien buteur de la Mannschaft, Oliver Bierhoff. « Bierhoff, c’était extraordinaire. J’ai été la seule journaliste, hors médias allemands, à pouvoir obtenir une interview de l’actuel manager de la sélection allemande. J’en étais fan quand j’étais jeune, comme d’autres l’étaient de Zidane. Moi, mon kif actuel, ce n’est pas Antoine Griezmann, ce sont plutôt les Götze, Kroos ou Kimmich (rires). »

« Le fait de jouer au football est un bouclier »

Journaliste bord terrain lors des affiches premium – ceux du dimanche – et en Europa League notamment, Margot Dumont n’a pas vraiment eu besoin de forcer son talent pour acquérir la légitimité nécessaire pour se faire accueillir dans le petit monde fermé du football professionnel. « C’est un atout d’être une femme dans mon métier. Nous avons une relation différente avec les joueurs et les membres de staff, c’est naturel (rires). Je n’ai jamais connu de machisme à mon niveau. Le fait que je joue au football (à Issy-les-Moulineaux en Division 2, NDLR) est un vrai bouclier et m’amène la crédibilité et la légitimité qui auraient pu me manquer. Ça se sait dans le milieu du foot et donc les joueurs me parlent avec plus de facilité. » Ce qui n’empêche pas, non plus, quelques accrocs. « Il m’est arrivée d’avoir quelques soucis avec certains entraîneurs mais ça ne dure pas très longtemps. On pose parfois la question qui les énerve et ils nous en veulent. Mais je fais mon métier et parfois, ça coince un peu. Mais, c’est le jeu et ça ne dure pas plus d’une semaine. Ils ont autant besoin de nous que nous d’eux. » « Margot est une grande professionnelle qui gère très bien son rôle de journaliste bord terrain, décrit Florent Martin, son collègue sur beIN SPORTS. Elle n’a pas besoin d’être guidée dans son choix d’interview. »

« J’adore être sur le terrain, poursuit Margot. Être en contact direct avec les acteurs du match, faire partager l’émotion d’un match, accompagner le téléspectateur avec des paroles de joueurs ou de coachs. Je ne me vois pas commenter, je n’ai pas le ton idéal pour ça (rires). Je suis très bien sur le bord du terrain. Ça me plait beaucoup. » Un atout pour la chaîne. D’ailleurs, très récemment, le journal Onze Mondial avait invité les lecteurs et internautes à voter pour le meilleur journaliste de terrain. Margot Dumont se place à une belle troisième place avec plus de 30 % des voix. Juste derrière Anne-Laure Bonnet, sa consœur de beIN SPORTS et Laurent Paganelli, mais devant Olivier Tallaron.

 

Les femmes gagnent du terrain

Il était temps. Les hommes ne sont plus seuls maîtres à bord des émissions sportives grâce à la multiplication des chaînes et souvent la volonté des patrons de féminiser leur antenne. Ce sont quelques-uns des visages actuels du journalisme sportif féminin : Clémentine Sarlat présente Stade 2 sur le service public, Charlotte Namura participe à Téléfoot sur TF1, Margot Laffite commente la Formule 1, Marie Portolano le foot et Isabelle Ithurburu le rugby sur Canal +, Marion Rousse s’occupe du cyclisme sur France Télévisions, l’ancienne joueuse de tennis Sarah Pitkowski intervient régulièrement à l’antenne de L’Equipe 21 tout comme Carine Galli et Estelle Denis, Francesca Antoniotti a participé à une émission sportive sur C8, la polyglotte Anne-Laure Bonnet écume les terrains de Ligue 1 pour beIN SPORTS. L’époque où la journaliste Marianne Mako subissait les commentaires machistes incessants de ses collègues de Téléfoot, dans les années 1980, est bel et bien révolue. Pierre Ménès a fait le choix de n’être accompagné que de femmes pour son émission « 19h30 PM » sur la chaîne cryptée. Entouré de Virginie Ramel, d’Agathe Auproux, d’Ambre Godillon et de Lucie Bacon, il a également fait appel à des joueuses de l’équipe de France féminine comme Jessica Houara-d’Hommeaux, Laure Boulleau ou Gaëtane Thiney. « Je ne voulais pas des potiches, expliquait-il récemment dans les colonnes de Télé LoisirsNous avons testé plusieurs personnes mais j’étais persuadé que Lucie et Ambre seraient les deux meilleures et cela m’a été totalement confirmé par ce casting. Ce n’est pas parce que ce sont des filles qui m’accompagnent que cela doit être réducteur. On s’adressera aux fans de foot, les femmes sont capables de parler de foot et de la qualité du contenu footballistique. » « Des progrès ont été faits, mais il reste encore des efforts à accomplir, confiait Christine Kelly, ancienne membre du CSA, au journal Le ParisienQuand j’ai commencé à m’intéresser au sujet il y a deux ans, la plupart des directeurs de rédaction que je rencontrais m’exhibaient fièrement leur journaliste sportive. Mais il n’y en avait toujours qu’une, dans le meilleur des cas, pour combien d’hommes ? Même si nous avons connu quelques problèmes avec des remarques machistes pendant les JO ou dans une émission de Laurent Ruquier moquant le football féminin, il y a un début de banalisation de la présence féminine, et c’est le plus sûr chemin vers l’égalité. » Un chemin encore long.



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