Les belles leçons de morale de Jean-Michel Aulas

Date : 18 janvier 2017 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Moselle Sport

Ah ce bon Jean-Michel Aulas. Ce Calimero des temps modernes prompt à réagir dès que son club subit la moindre petite mésaventure. D’une suspension réduite à Ibrahimovic aux graves incidents de Metz-OL, en passant par les dépenses estivales du Paris Saint-Germain, rien n’échappe au président omnipotent.  Le président de l’OL avait jugé « trop sévère » une sanction à l’encontre de son club pour des jets de pétards… qui avait coûté un doigt à un stadier lors de Lyon-St Etienne en 2015. Quand le doigt d’un stadier pèse moins lourd que les tympans d’Anthony Lopes…

Jean-Michel Aulas a pleuré. Oui, il a pleuré. Pauvre homme. Il a pleuré quand il a entendu le président messin, Bernard Serin, faire une comparaison – certes maladroite et malheureuse – entre les événements de Metz-OL et le drame du Bataclan. Après avoir eu peur pour son gardien de but et son médecin au stade Saint-Symphorien, après avoir été en colère contre le public messin et l’arrêt de ce match, après avoir été moralisateur en chef de la bienpensance et de la sauvegarde du football… Jean-Michel Aulas a vécu des semaines compliquées. Un peu de compassion quand même pour l’homme, touché dans sa chair par autant de drames.

 

Jean-Michel Aulas a oeuvré. Oui, il a oeuvré auprès des instances de la Ligue de football professionnel, pour obtenir une victoire sur tapis vert en plus de sanctions à l’encontre du FC Metz et – forcément – de son stade. Jean-Michel Aulas, membre du conseil d’administration de la LFP, a depuis longtemps placé ses jalons au sein de l’institution. Il possède des appuis de poids et sa voix est écoutée. Il a donc oeuvré et a eu – en partie – gain de cause. Huis clos, points en moins pour Metz et… ô rage, ô désespoir… match à rejouer. Encore du boulot pour Aulas.

 

Jean-Michel Aulas se fait discret. Oui, il se fait discret soudainement. Les incidents de Metz-Lyon ne sont pas des incidents isolés.

 

Cette fois, c’est l’Olympique Lyonnais qui se retrouve dans la peau du coupable. Après les jets de pétards des supporters messins, qui avaient interrompu le match contre Lyon le 3 décembre dernier, ce sont les fans des Gones qui ont dérapé le week-end dernier. Des pétards et bombes agricoles ont été entendus dans le parcage lyonnais à Caen. Au total, sept supporters ont été interpellés, dont cinq membres du groupe Lyon 1950, les deux autres venant de Belgique, précise L’Equipe. Les personnes arrêtées seront évidemment punies, mais c’est bien le sort du vice-champion de France qui inquiète. Certes les incidents n’ont pas provoqué l’interruption du match ni de blessure chez les joueurs, mais le gardien Anthony Lopes aurait pu être touché, une fois de plus. En cas de rapport de l’arbitre ou du délégué de la rencontre, le cas de l’OL pourrait atterrir entre les mains de la commission de discipline de la LFP. Sachant que Metz avait écopé d’un retrait de trois points, dont un avec sursis, on imagine que Lyon n’échappera pas à une demande d’explication sérieuse, voire à une sanction.

 

Jean-Michel Aulas, si terrifié un soir de décembre à Metz, s’est-il empressé de réagir en demandant des sanctions contre son club, en tant que membre de la LFP et donc apte à taper sur les clubs ne pouvant pas maîtriser totalement ses supporters comme il en avait fait la remarque après Metz-Lyon ? Evidemment…. que non. Trop simple. Il s’est fait discret, souhaitant juste répondre à des tweets fustigeant l’OL et réclamant des sanctions du même type a l’encontre du club rhodanien.

 

 

Jean-Michel Aulas ne serait donc qu’un président qui ne défend la cause que des siens ? Lui permettant juste de récupérer des points à la va-comme-je-te-pousse ? N’est-ce pas Jean-Michel Aulas qui avait fustigé la commission de discipline par le passé pour la réduction de suspension de Zlatan Ibrahimovic pour qu’il puisse jouer un match contre…….. Nantes ? Jean-Michel Aulas n’avait pas digéré la réduction de suspension de Zlatan Ibrahimovic. Le Suédois, qui avait écopé de quatre matches ferme, s’était vu réduire d’un match sa sanction. N’est-ce pas ce très cher Jean-Michel Aulas qui fustigeait la politique de recrutement de son adversaire principal pour le titre avec Monaco en août dernier ? « Le PSG poursuit une politique excessive d’investissement qui va abaisser la compétitivité de notre Ligue 1 : trop c’est trop », avait lâché Jean-Michel Aulas le 3 août dernier sur le transfert de Jesé vers le PSG, estimé à 25 M€.

 

Jean-Michel Aulas était où, en tant que membre éminent de la LFP, lorsque des pétards ont émaillé la rencontre entre St-Etienne et Lille et qui avait touché le portier nordiste, Vincent Enyeama ?

 

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Jean-Michel Aulas était où, en tant que membre éminent de la LFP, lorsque des pétards ont émaillé la rencontre entre Nancy et Angers et qui avait touché le portier angevin ?

 

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« Il faut que la Ligue et la Fédération réagissent fort. » Le président de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, avait appelé à des sanctions exemplaires après les jets de pétards qui ont touché le gardien Anthony Lopes et un médecin du club, samedi 3 décembre, lors du match entre Metz et Lyon, entraînant l’arrêt de la rencontre.

 

Il y a un peu plus d’un an, le 8 novembre 2015, un stadier du stade Gerland avait perdu un doigt lors du derby entre Lyon et Saint-Etienne (remporté par les Gones 3 à 0) après avoir voulu ramasser un pétard lancé par des supporteurs lyonnais. Le car des joueurs stéphanois avait également été visé par des jets de pierres, et un dirigeant de l’ASSE avait été agressé dans sa voiture. La commission de discipline de la Ligue avait alors pris la décision de fermer le virage Nord à titre conservatoire. Une sanction que le président de l’OL avait jugée « trop sévère ». « Je suis un peu surpris, un peu déçu par la gravité des sanctions. Je n’excuse pas du tout mais ça m’aurait rendu service que l’interdiction soit sectorielle. Je trouve que la sanction est trop sévère au regard de ce qu’il s’est passé réellement », avait alors réagi le président de l’OL.

 

On peut davantage pointer sa plus grande discrétion médiatique – qui ne vaut pas caution – en matière de propos racistes ou insultants. La communication se fait alors plus officielle. Elle tarde parfois à arriver comme dans le cas d’une banderole anti-réfugiés déployée par des hooligans dans le virage sud de Gerland. Elle se fait alors souvent par la voix du stadium manager Xavier Pierrot. Ou elle botte en touche quand les Stéphanois sont traités de « parasites » au micro de Gerland. Il est aussi assez discret sur les bagarres et débordements en dehors du stade de supporters de l’OL mais trouve et plus prompt à dénoncer les agissements à leur encontre.

 

Alors M. Aulas, qui réagit fort ? Et qui réagit trop fort ? Comme le dit un proverbe, « qui écoute et se tait, laisse le monde en paix ».



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