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Management du sport au féminin : le chemin est (encore) long

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Le 7 juillet dernier, le Waves Open a accueilli une conférence inédite. Celle du management du sport au féminin avec des intervenant(e)s trié(e)s sur le volet : Hélène Schrub, directrice générale du FC Metz, Virginie Razzano, joueuse de tennis professionnelle, Gilles Cattani, entraîneur de natation et David Fanzel, coach de l’équipe féminine du FC Metz. Un débat paritaire qui a su bousculer quelques idées reçues sur la relation existante entre les femmes et le sport.

Saviez-vous qu’en 1896, aucune femme n’avait le droit de participer aux Jeux olympiques ? Elles avaient « l’honneur » de couronner les vainqueurs. Pierre De Coubertin qui était loin d’être un féministe, en avait d’ailleurs été l’instigateur. Plus d’un siècle plus tard, beaucoup et peu de chemin à la fois, a été parcouru. Évidemment, les femmes sont aujourd’hui des athlètes comme les autres et sont capables, autant que les hommes, de battre des records et de recevoir des récompenses. « Mais il a fallu attendre tout de même les JO de 2012 pour que la boxe soit ouverte aux femmes », a rappelé lors de son allocution, la journaliste, auteure et conférencière, Fabienne Broucaret, qui officiait en tant que « Monsieur Loyal » de la soirée. L’évolution des mœurs est donc un processus lent. Et ça l’est davantage en termes de management du sport au féminin, thématique de la soirée. « Il est important de noter que tout va dans le sens d’une certaine féminisation », a souligné Hélène Schrub, directrice générale du FC Metz depuis 2016. Une exception dans un monde d’hommes. « Aujourd’hui, la LFP a une présidente et la FFF a une directrice générale. » Mais que cela soit au sein de la Ligue 1 ou la Ligue 2, Hélène Schrub avec son homologue féminine du Red Star, doit composer avec une trentaine de directeurs généraux au masculin. « Je suppose qu’il faut avoir un peu de caractère pour s’imposer et il ne faut pas non plus, avoir une appréhension lorsqu’il s’agit de s’exprimer face à une trentaine d’hommes. »

Double vie

Même constat du côté de Virginie Razzano. « L’encadrement n’est pas exclusivement un monde d’hommes. En tant que joueuse, on est travailleur libéral et en quelque sorte, chef d’entreprise car on recrute des personnes pour son activité : des coachs, des préparateurs physiques ou des kinésithérapeutes. Il faut savoir gérer cette double vie : celle de dirigeante et de sportive de haut niveau qui est dans l’obligation de faire des résultats pour pouvoir continuer son activité. » Un double cursus également évoqué en amont d’une carrière d’athlète en devenir comme Camille Dauba. « Je la suis depuis pas mal de temps déjà », indique Gilles Cattani, le coach de la jeune nageuse du CN Sarreguemines. « Pour atteindre ses objectifs qui devraient l’emmener aux JO de 2020, Camille s’entraîne 23 à 26 heures par semaine et assure en parallèle ses cours en STAPS sans oublier le concours à une école de kiné. La natation est un sport mineur médiatiquement parlant et il est difficile d’en parler d’où l’importance du double projet. » Une vie à 100 à l’heure qui n’est pas sans rappeler celle du football féminin. « Nombre de mes joueuses ont un métier et viennent s’entraîner le soir par passion », ajoute David Fanzel. « C’est aussi pour ça que je suis parti dans le football féminin. Car il y a encore ce côté sain et passionné. » Soit l’essence même du sport qui se conjugue, faut-il le croire, donc de plus en plus au féminin. CQFD.

 

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