Femmes des années 2010, que sont-elles devenues ?

Date : 26 janvier 2018 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Moselle Sport, DR

En janvier 2011, nous avions consacré un numéro spécial aux sportives de Moselle. 12 femmes, 12 sportives, 12 disciplines et 12 destins distincts que nous vous proposons de retracer. Certaines ont totalement disparu de la circulation et d’autres ont confirmé… ou se sont affirmées. Six ans plus tard, que sont-elles devenues ?

Football

Khadija Bettahar, à gauche, avec ses joueuses.

En janvier 2011, le FC Metz n’avait pas encore de section féminine. À l’époque, le meilleur club mosellan est l’AS Algrange, et joue les trouble-fêtes en Division 2, deuxième échelon national qu’il occupe depuis 2008. Coaché alors par Manu Peixoto, l’ASA possède dans ses rangs l’expérimentée Khadija Bettahar, capitaine de l’équipe, que nous avions rencontré à l’époque. « La marge de progression de l’équipe est importante, expliquait la joueuse alors âgée de 35 ans. Nous avons les moyens d’accéder au plus haut rang du football féminin : la Division 1. » Visionnaire, c’est trois ans et demi plus tard que l’AS Algrange parvient à accéder au graal de la D1. Entraîné au moment de l’accession par Gérôme Henrionnet, l’AS Algrange fusionne avec le FC Metz et de vient le FC Metz-Algrange puis définitivement le FC Metz, aujourd’hui en D2 et coaché par David Fanzel. Adeline Janela est d’ailleurs la seule rescapée, aujourd’hui, de l’effectif 2010-2011 d’Algrange. Aujourd’hui âgée de 42 ans, Khadija Bettahar est coach des féminines de l’ESAP Metz, actuellement 8e de la Division 2. Avec le même destin qu’Algrange ? On est en droit de rêver…

Tennis

Quand votre meilleur espoir du tennis féminin de 2011 n’a pas encore trouvé de successeur, c’est que le tennis lorrain patauge un peu dans la gadoue… Constance Sibille, 21 ans à l’époque, classée à la 526e place mondiale, n’est quasiment jamais apparue sur le circuit professionnel féminin depuis ses débuts au SMEC. Tout juste une participation au 1er tour des Internationaux de France de Roland-Garros en 2014 grâce à une wild-card offerte par la direction du tournoi. À l’époque, Constance Sibille voulait surtout « faire une saison complète sans blessure, pour reprendre confiance et retrouver mon niveau ». En février 2013, la Mosellane atteindra la demi-finale du tournoi anglais de Barnstaple, meilleure performance de la carrière de Constance Sibille. Alors 28e joueuse française en 2011, Constance a grimpé jusqu’à la 265e place mondiale en 2014. Aujourd’hui âgée de 27 ans, la joueuse joue au TC Tremblay, en région parisienne, et pointe à la 1042e place mondiale et au 46e rang hexagonal. Loin des ambitions des débuts…

Handball

Koumba Cissé, sous ses actuelles couleurs de Chambray.

Elle portait, lors de la saison 2010-2011, le numéro 2 sur son maillot jaune. À Metz Handball, Koumba Cissé est alors une recrue du club, arrivée à 19 ans en provenance de Fleury-lès-Aubray. Au sein d’un effectif pléthorique, composé alors d’Amandine Leynaud, Cléopâtre Darleux, Lidija Horvat, Allison Pineau, Katty Piéjos, Nina Kanto ou encore Svetlana Ognjenovic, Koumba Cissé tente de s’imposer au sein d’une équipe à la recherche de son second souffle après avoir laissé échapper le titre la saison passée, volé au nez et à la barbe des Dragonnes par le surprenant Toulon/St-Cyr. « Nous souhaitons reprendre ce titre de champion de France qui a échappé à Metz l’an dernier », expliquait l’arrière droite en 2011.Objectif atteint à l’issue de la saison pour les Dragonnes, championne de France pour la 17e fois de son histoire, avec de jeunes pousses dans son effectif, Grâce Zaadi (18 ans) ou Laura Glauser (18 ans), les seules messines encore au club à ce jour. Koumba Cissé, elle, ne se sera pas imposée sous les ordres de Sébastien Gardillou, coach en 2010-2011, et repartira à Fleury en juillet 2011. Grâce à ce retour, elle découvrira les joies de l’équipe de France à 15 reprises, à partir de novembre 2013. Le Havre en 2014-2015 puis Chambray TH depuis 2015. Âgée aujourd’hui de 26 ans, Koumba Cissé aspire encore à jouer les premiers rôles. Qui sait…

Natation

Il y a six ans, Aurélie Muller était le grand espoir du sport lorrain et national avec plusieurs lignes à son palmarès : championne de France et d’Europe juniors en eau libre sur 5 km, championne du monde junior du 1 500 m nage libre et championne d’Europe junior du 400 m libre, en plus de multiples titres de championne de France. En ligne de mire au moment de la sortie du magazine, en janvier 2011 : les Mondiaux de Shanghai de 2011 et les Jeux olympiques de Londres 2012. Résultat ? Une médaille d’argent aux Mondiaux chinois en eau libre sur 5 km et une non-participation aux JO. Elle a échoué dans sa tentative d’obtenir une place en abandonnant lors de la course de qualification disputée au lac de Pierrelatte. Depuis ? C’est un parcours en or pour la Sarregueminoise dont l’entraîneur de l’époque, Olivier Antoine, ne tarissait pas d’éloges envers sa protégée : « L’eau libre possède une nouvelle notoriété. Aurélie peut être fière de faire partie aujourd’hui du Top 5 mondial. » Aujourd’hui, la numéro 1 de l’eau libre, c’est elle. Championne du monde 2015, championne d’Europe 2016 du 10 km, Aurélie Muller est malheureuse lors des JO de Rio avec une disqualification obtenue après sa belle deuxième place. Elle va faire mieux que rebondir après cette affaire : elle conserve son titre de championne du monde en 2017 à Budapest aux côtés de son nouveau coach Philippe Lucas, et obtient une seconde médaille d’or en relais mixte 5 km aux côtés de Océane Cassignol, Logan Fontaine et Marc-Antoine Olivier. Avant de prendre sa revanche aux prochains JO de Tokyo en 2020 ?

Volley-ball

Anne Neu (debout, en haut à gauche) avec son équipe de l’ASVB Yutz-Thionville

Pour le TFOC en 2011, c’est l’ascenseur entre la Ligue A et la DEF (équivalent D2). Lors de notre reportage pour rencontrer le président Daniel Mroczkowski et sa capitaine, Anne Neu, le TFOC était en DEF, et avait l’ambition de revenir vite en Ligue A. « Quand on a goûté à la Ligue A, on a forcément envie d’y retourner. Retrouver le goût et le parfum de l’élite. C’est un objectif d’autant que nous possédons un effectif vaillant. » Six ans plus tard, le club est toujours en DEF… non sans avoir joué de nombreuses saisons en Ligue A, s’installant même durablement dans l’élite avant de céder l’été dernier. Anne Neu n’est plus la libéro de Terville-Florange depuis 2013 et 14 ans passés sous les couleurs bleue et blanches du TFOC. Passée par Bertrange (Luxembourg) puis par Hagondange, la joueuse de 37 ans coule des jours heureux à l’ASVB, le club de Yutz-Thionville.

Tennis de Table

Pour Metz TT, 2011 coïncide avec le début du décollage du club vers les hautes sphères de l’élite nationale. Club créé en juin 2009 suite à la liquidation du SMEC omnisports, l’équipe féminine de Metz TT monte en pro B en 2010 puis en pro A en 2009 suite au refus de l’ATT Serris de monter. Depuis ? Le club brille de mille feux avec trois titres de champion de France consécutifs entre 2014 et 2017 et une finale de coupe ETTU en 2015. En janvier 2011, c’est la grande espoir Alice Abbat qui trône en bonne place dans la double page consacrée à la petite balle blanche. À l’époque, âgée de 19 ans, la joueuse originaire de Besançon est la nouvelle figure de proue du club mosellan. Au point de viser les JO de Rio. « Les Jeux olympiques de Londres arrivent un peu tôt dans ma carrière, déclarait-elle à six mois de l’épreuve londonienne. Les JO, c’est un rêve, la compétition ultime à faire. » Malheureusement, le rêve d’Alice ne se produira pas. Pas qualifiée pour les JO 2016, Alice Abbat s’est aujourd’hui éloignée du tennis de table. « Je ne joue plus du tout au tennis de table, nous a-t-elle annoncés. Je viens d’être diplômée de l’École supérieure de commerce de Paris (ESCP Europe) et je suis actuellement un master spécialisé en ingénierie et gestion de l’environnement aux Mines de Paris. » À mille lieux de Metz TT.

Et les autres disciplines…

Anita Fatis

En ce qui concerne nos autres « stars d’un jour » en janvier 2011, nous n’avons pas trouvé trace de Sandra Djeroud, membre de Metz Basket Club à ce moment-là. Le club est aujourd’hui en Nationale 3. Maïlys Biache, membre du club de Sarreguemines de badminton, n’est plus au club de Moselle Est depuis plusieurs années. Elle est actuellement professeur d’EPS à Saint-Vit, dans le Doubs. Pauline Petit, petite gymnaste de 9 ans membre du club de gym de l’ATGRS de Thionville, elle est lycéenne à Bourges. Et continue activement la gymnastique. Tatiana Van-Raemdonck, joueuse de l’équipe de hockey sur glace d’Amnéville, elle a quitté le club et travaille aujourd’hui dans une grande surface du nord-mosellan. Mélina Masone, ancienne membre de Metz Triathlon, ne fait plus partie du club et a quitté le triathlon en sport de haut niveau. Maman de deux enfants, elle est aujourd’hui infirmière. Enfin, Anita Fatis a mis un terme à sa carrière sportive. L’athlète handisport a deux gros projets en 2018 : tout d’abord l’édition de son livre et ensuite un projet au Népal où elle ambitionne de faire le tour du Manaslu (5219 mètres d’altitude) pour sensibiliser le public aux malades atteints de sclérose en plaques. Un programme actif pour une retraitée.



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