Peugeot e-2008 : le pari de l’électromobilité

Date : 8 juillet 2020 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Peugeot

Depuis la sortie de la 308 II, Peugeot a passé un cap. Chaque modèle qui sort est une petite révolution. La 2008 ne déroge pas à la règle. Et qui plus est, déclinée en version électrique qui sera commercialisée au mois d’avril. Alors quid de la fée électricité, on signe ou pas ?

 

12 000 €. Parlons immédiatement des choses qui fâchent. L’évocation de cette somme en tout début d’article reflète la différence existante entre la 2008 PureTech 130 ch et la version électrique. Certes, il y a 6 000 € de remise. Mais tout de même… 43 000 € pour un véhicule appartenant à la catégorie des B-SUV (du type des Renault Captur, Ford Puma ou Opel Mokka X), ça commence à faire cher, très cher. Aussi abouti soit-il. Car c’est une Peugeot. En effet, depuis septembre 2013, date de sortie des premières 308 deuxième génération, le constructeur français fait des étincelles. Chaque voiture qui sort des chaînes de la marque au lion, se pose d’emblée comme une référence incontournable de sa propre catégorie. La 308 II est largement au niveau d’une Volkswagen Golf, la 508 II est la berline la plus vendue en France tandis que le binôme 3008/5008 continue de dominer allègrement ses concurrents. Il n’y a pas de raison pour que la 2008 déroge à cette règle désormais bien établie. Au premier contact, les lignes extérieures sont bien dans l’air du temps et confirment ce style propre à Peugeot : gueule béante, signature LED caractéristique, carrosserie acérée… La 2008 en jette. C’est une petite 3008 en (encore) plus moderne. Constat analogue à l’intérieur avec l’i-cockpit, le petit volant et le grand écran tactile. On est bien dans une Peugeot. Depuis 2013, la qualité de finition a été considérablement rehaussée, au point que le constructeur généraliste vient tutoyer les premiums – DS en particulier – sur ce point.

Mais revenons-en à nos moutons. Nous voici donc en présence d’une e-2008 où les différences sont incarnées par la calandre couleur carrosserie, les logos « e » et l’habillage spécifique de la sellerie. Les jantes 18 pouces font un effort particulier sur l’aérodynamisme et la masse (- 4 kg sur l’ensemble des roues). Cette e-2008 se distingue avant tout par sa batterie de 50 kWh fort de 136 ch qui a fort à faire par rapport à son homologue thermique avec 343 kg de plus sur la balance.

L’autonomie en question

Dès les premiers tours de roue, je ne vous ferai pas l’affront de revenir sur les qualités du châssis du nouveau petit SUV. Comme toutes les Peugeot, on est sur du très haut niveau. Une fois de plus, la marque a réussi à ce qu’un véhicule haut sur pattes se comporte comme la meilleure des berlines. Concernant plus particulièrement la version électrique, les 343 kg supplémentaires ne se sentent pas forcément tant en termes de nervosité que de comportement. Seul le freinage – comme nous l’avions constaté sur le 3008 Hybrid4 – ne semble pas vraiment à la hauteur de ses homologues thermiques. Même s’il dispose d’un frein moteur puissant, la pédale, en cas d’urgence, ne réagit pas de manière aussi rapide et naturelle, en raison de la transition entre le freinage régénératif propre à l’électrique et celui par friction dont nous avons davantage l’habitude.

Si nous avons été séduits par l’immédiateté du couple généreux et la rigueur du châssis, nous avions surtout l’œil rivé sur l’autonomie. En conduite normale, avec une température extérieure de 13° sous la pluie (ce qui implique l’utilisation de la soufflerie et dans une moindre mesure, celle de la climatisation automatique), l’autonomie annoncée de 310 km fond comme neige au soleil. D’après nos prévisions, on est plus entre 200 et 250 km en utilisation dite normale qu’à 300 km… Pour la recharge, Peugeot annonce un temps semblable à celui de la DS3 Crossback e-Tense à savoir 16 h sur une prise domestique, 7 h 30 sur une wallbox monophasée et 5 h sur une triphasée. 80 % de la recharge peuvent être récupérés en l’espace de 30 minutes.

En conclusion, partir en vacances avec un tel véhicule ne peut pas s’envisager sereinement. Nos infrastructures ne sont pas encore calibrées pour cet e-2008 (trop peu de bornes de recharge). Autant ses qualités routières, son confort et son niveau de prestations en font une voiture séduisante, autant la fée électricité reste une énergie fragile et sans certitude. Autant l’hybride peut être une solution intéressante à tous les points de vue, autant l’électrique cumule les handicaps. Les tarifs compris entre 37 000 € et 43 000 € n’aident pas non plus à devenir citoyen électromobile. CQFD.



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