Quentin Bigot : « Aujourd’hui, je véhicule l’image d’un mec qui a changé »

Date : 16 février 2016 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Moselle Sport

L’affaire Bigot-Piolanti, tout le monde en a entendu parler à l’été 2014. Quelques semaines avant les championnats d’Europe de Zurich, le champion d’Europe Espoirs déclarait se doper depuis deux ans et mettait en cause Raphaël Piolanti, manageur – aujourd’hui suspendu – des lancers de la Fédération Française d’Athlétisme. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et la fin de la suspension fixée le 11 juillet prochain, pointe le bout de son nez. État des lieux.

Juillet 2014 – Décembre 2014 : la descente aux enfers

« Certainement l’une des périodes les plus difficiles de ma vie. Les amis, alors, ne se comptent plus que sur les doigts d’une seule main. J’ai aussi perdu une quinzaine de kilos. Heureusement que j’avais ma famille pour m’entourer. Avec le recul, je me dis désormais que j’ai eu beaucoup de chance de me faire contrôler positif. Pendant des années, j’ai entendu qu’il fallait user de produits dopants pour atteindre le plus haut niveau dans ma discipline. Aujourd’hui, je peux vous affirmer que c’était la mauvaise voie. Aujourd’hui, j’ai pu reprendre le contrôle de mon existence. »

Février 2015 – Décembre 2015 : la renaissance professionnelle…

Après la voie de garage, place à la voie ferrée. Si le jeu de mots est un peu facile, il est l’incarnation du nouveau parcours professionnel de Quentin Bigot. « Après avoir longé les murs, je suis reparti sur de bons rails au sens propre comme au sens figuré. J’ai entamé une formation de conducteur de train – mon rêve de gosse – et j’ai passé 7 mois à Autun, près de Dijon. Ça fait quelques mois que je suis titularisé dans mon poste. Je travaille pour le compte de VFLI, une filiale de la SNCF. Même si cela me demande beaucoup de rigueur et d’organisation, j’ai repris l’entraînement en parallèle. Je peux vous dire qu’au début, mes performances étaient loin d’être glorieuses ».

… Et sportive

« Comme je vous l’ai dit précédemment, j’avais perdu quinze kilos. Et lorsque vous l’associez au manque de pratique, mon premier lancer a été mesuré à… 57 m ! Soit à plus de 21 mètres de mon record personnel (78,59 m). Le chemin allait donc être long, très long. Mais je m’y suis remis tranquillement, sans me prendre la tête. Mais aujourd’hui je peux vous affirmer que mes performances sont quasi au niveau de ce que j’étais capable de réaliser sous influence des anabolisants. Le plus difficile est de s’entraîner seul car il n’y a aucun autre lanceur de marteau à Metz. »

2016, l’année du renouveau

« Je suis suspendu jusqu’au 11 juillet 2016. Mais mon rêve le plus fou serait de pouvoir m’aligner aux JO de Rio si je réussis les minimas fixés au 17 juillet. D’ici au printemps prochain, faudra que je négocie avec Bernard Amsalem (président de la Fédération Française d’Athlétisme, NDLR) afin de voir s’il est possible de m’y rendre si je réussis les minimas. Rien n’est moins sûr. Je crois que je véhicule l’image d’un mec qui a changé. Mon nouvel entraîneur, Pierre-Jean Vazel, y a vraisemblablement été sensible car il a accepté de me suivre. Il a, entre autres, coaché Christine Arron, Ronald Pognon et a permis à des sprinteurs africains de passer sous la barre des 10 secondes. Diplômé des Beaux-Arts de Rennes, Pierre-Jean Vazel est un ovni dans la profession avec sa méthode unique. Il est synesthète. Autrement dit, il associe les chiffres mais aussi les lettres à un bruit, une odeur et surtout à une couleur. » Ainsi, cet entraîneur atypique rapportait dans les colonnes du Monde en 2011 que « retenir le temps, mettre le doigt sur ce qui symbolise une époque, tout cela rejoint mon expérience d’entraîneur. Il faut du temps pour apprendre et courir vite, le cent mètres est une affaire de patience, j’apprends aux sprinteurs à courir lentement. ». Et, « entraîner un lanceur de marteau est un nouveau défi pour lui et pour moi. Je reprends tout de zéro », poursuit Quentin Bigot.

Ce qu’il reste de l’affaire aujourd’hui

« Je n’ai plus aucun contact avec Raphaël Piolanti. Si j’avais eu à choisir, j’aurai préféré qu’il ne soit pas dans la « merde ». Mais en même temps, je ne méritais pas non plus le matraquage dont j’ai fait l’objet. Concernant la personne qui m’est souvent associée, à savoir Jérôme Bortoluzzi, l’autre lanceur de marteau mosellan, je ne veux même plus en entendre parler. C’est un lâche. Enfin, lorsque j’ai été suspendu, le Conseil Départemental – en particulier son président Patrick Weiten – a évidemment été déçu par mon attitude mais a apprécié la démarche que j’ai entamée auprès des instances de l’athlétisme. Les membres du Conseil Départemental m’ont assuré qu’il seraient à mes côtés si je revenais un jour. »



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