Bien mal acquis ne profite jamais

Date : 15 juillet 2015 - Auteur : Moselle Sport - Photo : DR

Vous me direz certainement que c’est assez facile de faire un papier sur le dopage en plein Tour de France. Pourtant, à l’image de nombre de nos confrères, nous n’avons pas été insensibles à la performance de Froome, le jour de la Fête nationale. Même Lance Armstrong s’en est ému sur son compte Twitter, c’est dire : « Clearly Froome/Porte/Sky are very strong. Too strong to be clean? Don’t ask me, I have no clue. » Au-delà de l’anecdote, force est de constater que l’échappée du 14 juillet nous laisse perplexes. À l’image du journaliste Laurent Bruwier qui suit le Tour pour la chaîne Belge RTBF, nous ne sommes pas ici pour porter un jugement mais « pour apporter des clés de compréhension aux téléspectateurs pour qu’ils puissent ensuite se forger une opinion sur les faits qu’ils ont vus. » Sur Europe 1, le 15 juillet, le journaliste et écrivain Éric Fottorino établissait le même constat. Lui aussi veut croire que Chris Froome était clean et qu’il a gagné en étant propre comme il l’a confirmé en conférence de presse. Car être propre est devenu une gageure, un défi. Les exemples de dopage, dans l’histoire récente, ne manquent pas. Il y a le cyclisme certes mais il y a aussi et surtout d’autres disciplines qui ont connu les affres de la triche organisée.

« J’ai eu beaucoup de chance de me faire avoir »

Souvenez-vous des JO de Londres en 2012. En athlétisme, au relais 4x100m, les Bleus – Christophe Lemaître, Ronald Pognon, Pierre-Alexis Pessonneaux et Jimmy Vicaut – avait échoué au pied du podium. Le 25 juin dernier, ils ont récupéré une médaille de bronze en raison de la destitution des États-Unis, suite au dopage de Tyson Gay. Et souvenez-vous encore une fois, il y a tout juste 1 an, du cas du Mosellan Quentin Bigot. Celui qui avait gagné la médaille de bronze aux championnats d’Europe par équipes en juin 2014 à Brunswick, a été dans l’obligation de la rendre au profit des Allemands arrivés en 4e position. Contrôlé positif à un produit de la catégorie des stéroïdes anabolisants, l’ancien grand espoir de l’équipe de France d’athlétismeen au aujourd’hui tiré les leçons. « Avec le recul, je me dis désormais que j’ai eu beaucoup de chance de me faire avoir. J’ai pu reprendre le contrôle de mon existence. Pendant des années, j’ai entendu qu’il fallait user de produits dopants pour atteindre le plus haut niveau dans ma discipline. Aujourd’hui, je peux vous affirmer que c’était la mauvaise voie car j’ai repris l’entraînement bien qu’étant sous le coup d’une suspension de quatre ans (deux ans avec sursis assorties d’une peine de deux ans ferme, NDLR) : mes performances sont quasi au niveau de ce que j’étais capable de réaliser sous influence des anabolisants. L’essentiel est d’être bien entouré, c’est ça la clé. » Être au firmament, oui. Mais pas à n’importe quel prix. Alors, pour en revenir au cyclisme, si Lance Armstrong s’érige aujourd’hui en donneur de leçons, rappelons-nous aussi qu’il a perdu ses 7 titres de Tour de France et surtout qu’il a jeté un discrédit, presque inéluctable, sur une discipline qui n’avait pas besoin de ça. Bien mal acquis ne profite jamais.



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