Hatadou Sako, future gardienne du temple

Date : 30 juin 2020 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Petrazur Photos

Élue meilleure gardienne de but du championnat de France la saison dernière avec l’OGC Nice, avec lequel elle s’est retrouvée en finale face à Metz, Hatadou Sako sera la prochaine gardienne des Dragonnes à compter de juillet prochain. Pour l’internationale sénégalaise de 24 ans, c’est le grand saut vers le très haut niveau. Rencontre.

 

Qui aurait parié sur le fait qu’Hatadou Sako deviendrait la future gardienne de but du multiple champion de France quand celle-ci quittait le pôle espoirs féminin de Chatenay-Malabry sans être recrutée par un centre de formation ? Pas grand monde et peut-être pas elle-même d’ailleurs. Le travail et la persévérance de la jeune parisienne ont été son salut. « J’ai passé deux ans au pôle espoirs avant de me retrouver à chercher un club, faute de proposition de centres de formation, explique Hatadou Sako. J’ai donc rejoint Noisy-le-Grand, en Division 2, pour continuer de travailler et de progresser à mon rythme. » Pour celle qui a découvert le handball grâce à ses frères et sœurs, dont son grand frère Morola, ancien joueur de Pontault-Combault en Proligue (D2), c’est la découverte du haut niveau, dans l’antichambre de la Division 1. « J’ai adoré mon passage de 5 ans à Noisy-le-Grand, sourit la native de Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne). Si j’avais pu y rester toute ma vie, cela ne m’aurait pas gêné (rires). Durant plusieurs fins de saison avec Noisy, Frédéric Bougeant, le coach de Fleury, me proposait d’intégrer le centre de formation du club. J’ai refusé à chaque fois sa proposition, car je ne me sentais pas prête à partir là-bas. Déjà car c’était pour jouer au départ en Nationale 1 et en plus car j’avais la certitude que, mentalement, je n’avais pas encore passé le cap pour montrer le meilleur de moi-même. »

« Metz, c’est la cerise sur le gâteau »

À la fin de sa cinquième année chez les Louves de Noisy-le-Grand, il est temps pour Hatadou Sako de tenter sa chance en D1. « On m’a donné un coup de pied aux fesses pour que je parte jouer en D1 (rires). Et, pour être honnête, je n’ai reçu qu’une seule offre d’un club de D1 et ce fut Nice. Je me suis dit que cela ne coûtait rien d’essayer d’aller là-bas, et je ne voulais pas avoir de regrets. » Bien lui en a pris puisque l’internationale sénégalaise a connu une progression fulgurante. Depuis 2016, date de sa signature sur la Côte d’Azur, Sako a été élue meilleure gardienne de but du championnat de France, tout en finissant finaliste l’an passé (finale perdue face à Metz). « J’ai connu six premiers mois difficiles, tant sur le plan mental que physique. Il a fallu du temps pour m’adapter et me faire à l’éloignement familial. Quand je me suis bien sentie bien dans mes baskets, tout est allé très vite avec un groupe formidable qui va beaucoup me manquer à l’issue de la saison. » Un coup de fil de Thierry Weizman, le président de Metz Handball a fait de nouveau basculer Hatadou Sako dans un autre monde. « Hatadou, c’est d’abord un super état d’esprit, explique Manu Mayonnade, son futur coach à Metz. C’est une vraie bosseuse qui est sur une excellente dynamique depuis plusieurs mois. C’est une carrière assez réfléchie, à l’image de Béatrice Edwige au moment de son arrivée chez nous, avec un club de D2, puis Nice, puis Metz, un parcours ambitieux. Hatadou est une superbe gardienne qui est capable de montrer beaucoup de choses et qui a l’avantage de connaître les tireuses du championnat de France. Ce sera un super atout pour le club. » « Je ne me voyais pas aller à l’étranger tout de suite, moi je voulais Metz ! Et quand le club a appelé, ce fut un bonheur mais surtout une grande surprise ! Je suis contente de voir que tout le travail entrepris a payé et que je dois encore continuer dans cette voie pour progresser encore plus. Metz, c’est la cerise sur le gâteau de ma jeune carrière. »

« J’assumerai toujours mon choix pour le Sénégal »

Appelée à remplacer Laura Glauser, partante pour Györ (Hongrie), Hatadou Sako se sait attendue, mais refuse toute pression. « Je ne ressens aucune pression particulière. Déjà car j’ai encore une saison à finir avec Nice mais aussi car je viens à Metz avec beaucoup de détermination et d’humilité. J’ai hâte d’y être mais je pense aussi à finir en beauté avec l’OGCN. » Internationale sénégalaise depuis 2016 – faute d’avoir été contactée plus tôt par la sélection française – Hatadou Sako se réjouit aussi de porter haut les couleurs du drapeau vert, jaune et rouge. « Quand le Sénégal m’a proposé de rejoindre la sélection A, j’avais la possibilité d’attendre une éventuelle sélection avec les Bleues. Quand j’ai eu l’impression d’avoir suffisamment attendu ma chance, j’ai opté pour le Sénégal. Aucun regret car je suis heureuse de me battre pour ce maillot. J’avais deux possibilités et j’ai choisi le Sénégal car la sélection me voulait vraiment. Aujourd’hui, j’assume et j’assumerai jusqu’au bout. » Un esprit conquérant qui devrait plaire à son futur club.

 

Hatadou Sako

Née le 21 octobre 1995
à Tournan-en-Brie.
Poste : Gardien de but.
Clubs successifs : Noisy-le-Grand (2011-2016), OGC Nice (2016-2020), Metz Handball (à partir de juillet 2020).
Internationale A avec le Sénégal.
Palmarès : vice-championne de France 2019 (OGC Nice) et vice-championne d’Afrique des Nations 2018 (Sénégal).

 

 

 

 

*L’article a été réalisé avant la pandémie.


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