Hugo Cabouret, l’homme de l’ombre

Date : 23 juin 2016 - Auteur : Moselle Sport - Photo : DR

Arrivé dans les bagages de Philippe Hischberger en décembre dernier, Hugo Cabouret s’occupe de la préparation physique des joueurs du FC Metz. Homme de conviction et de caractère, il tente d’imposer son travail auprès des Grenats après avoir instaurer sa méthode au Moyen Orient et en Afrique. Portrait.

« Celui qui aime à demander conseil grandira ». Une maxime comme un précepte pour Hugo Cabouret, préparateur physique de formation. « L’été dernier, je voulais arrêter le football, concède d’emblée l’homme de 44 ans. Je pensais ne plus être fait pour ce milieu et j’avais même commencé à lancer mon projet de cryothérapie mobile. Je n’avais plus de club. Puis on m’a parlé de la formation Dix mois vers l’emploi (DMVE) proposé par l’Unecatef, le syndicat des entraîneurs. Je ne voulais pas la faire car j’avais l’impression que mon aventure avec le foot se terminait. Et un ami m’a fortement poussé à y participer pour m’en faire une idée et tenter de rebondir. J’ai suivi la formation et je ne le regrette pas. » Stagiaire au même titre que l’ancien Messin Jean-Philippe Séchet, Hugo Cabouret y fait surtout la rencontre de Philippe Hinschberger, sans club à ce moment-là. « Je le connaissais un peu puisque l’on s’était affronté avec nos clubs respectifs. Dès la première session, nous avons beaucoup discuté mais à propos de sujets qui n’avaient rien à voir avec le foot (rires). Et c’est lors du dernier jour qu’on a abordé le sujet football. On s’est liés d’amitié. » « Hugo est un garçon qui avait beaucoup d’idées intéressantes, précise Philippe Hinschberger. Nous avions des points communs, la même manière de fonctionner et un bon contact. Sûrement que la raclée que je lui ai mise au squash durant la formation DMVE nous a encore plus rapprochés (sourire). » Sans club depuis la fin de son aventure avec l’AJ Auxerre en février 2015, Hugo Cabouret reste en contact avec Philippe Hinschberger qui le sollicite au moment de rejoindre le FC Metz le 24 décembre dernier. « Quand j’ai signé à Metz, hormis Christophe Marichez, tout le staff quittait le club, poursuit le coach messin. Alors j’ai appelé Gilles Bourges et Hugo Cabouret pour me rejoindre. Hugo a une expérience à l’étranger intéressante qui m’a plu et j’avais besoin de travailler aux côtés de quelqu’un avec qui le feeling passait. Je ne regrette pas mon choix aujourd’hui, c’est un explosif dans ses émotions et sa personnalité colle parfaitement avec celle de Gilles Bourges, très zen, et la mienne. L’ensemble du staff technique travaille bien ensemble, on se complète. »

Le Qatar puis l’Afrique

Préparateur physique de formation, c’est au Qatar qu’Hugo Cabouret a débuté sa carrière dans le milieu du football professionnel. « Un poste s’est libéré suite au départ de mon ami Nicolas Dyon de la sélection nationale du Qatar en octobre 2001 et j’ai été retenu. J’ai fait la rencontre de Pierre Lechantre, alors sélectionneur du Qatar, avec qui j’ai travaillé de nombreuses années et dans différents clubs. Ce fut une expérience enrichissante de le côtoyer. » Aux côtés de Lechantre, Hugo Cabouret découvre l’Arabie saoudite (Al-Ahli), de nouveau le Qatar (Al-Sailiya puis Al-Rayyan), l’équipe nationale du Mali et le Maroc (Fès). « De mes expériences en Afrique et dans le Golf Persique, j’ai appris à être intolérant professionnellement (rires). L’exigence mise dans ses clubs est importante, beaucoup plus qu’en France. Là-bas, si tu ne remplis pas tes objectifs, on te met vite dans l’avion. Je me suis éclaté là-bas. » Une exigence de travail qu’Hugo Cabouret n’a pas retrouvé en France lors de ses passages à Cannes, Red Star, Paris FC ou Auxerre, propos corroborés récemment par l’attaquant écossais de l’OM, Steven Fletcher, mais aussi du temps du passage de Carlo Ancelotti au PSG. « Il suffit de faire le constat du nombre de médailles olympiques de la France à chaque JO comparé à d’autres pays. En France, les sportifs ont du mal à accepter certaines choses. Ils ne sont pas fainéants mais ce n’est pas dans la culture française de travailler autant que les Anglo-Saxons par exemple. Nous ne sommes pas assez éduqués à la performance. C’est parfois frustrant dans mon métier de ne pouvoir tirer plus des joueurs car ce n’est pas dans les habitudes. » Un problème qui dépasse évidemment le cadre du football. « C’est un sujet social, insiste le natif de Thiais. Nous n’avons pas la culture de l’effort, et cela se voit dans le nombre d’heures de sport dispensées aux élèves du secondaire. Dans le football, on ne peut pas faire de physique 24 heures avant un match. Alors que dans le foot US, c’est monnaie-courante. Il faudrait que l’on évolue sur ce point-là. » Aujourd’hui en Ligue 1 avec son club, Metz, Hugo Cabouret aura fort à faire pour mobiliser les troupes à la reprise de l’entraînement.



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