Gorius-Koulibaly : Metz connection

Date : 29 mai 2013 - Auteur : Moselle Sport - Photo : DR

L’un n’a jamais eu sa chance au FC Metz après avoir pourtant fait toutes ses gammes au club, l’autre est arrivé l’été dernier et s’est très vite imposé au poste de défenseur central, Julien Gorius et Kalidou Koulibaly sont aujourd’hui les pièces maîtresses du KRC Genk, vainqueur de la Coupe de Belgique et 5e du dernier championnat de Belgique. Rencontre.

Genk, cité ouvrière de 65 000 habitants située au Nord-Est de la Belgique, en région flamande. Dans le centre-ville, les briques rouges ont bonne place à côté des bâtisses industrielles, dont celle de Ford, dont l’annonce de sa fermeture en 2014 a créé une véritable onde de choc dans cette ancienne cité minière. Au milieu de cette atmosphère austère, mêlée à l’avenir incertain de 10 000 salariés de l’usine, un rayon de soleil tente de réchauffer une ambiance digne d’un traumatisme industriel. Un rayon de soleil nommé Koninklijke Racing Club Genk, et qui brille aujourd’hui de mille feux dans la Jupiler League. Né en 1988 de la fusion de deux de sept clubs miniers que comptait la province (le FC Winterslag et le Thor Waterschei), le KRC Genk joue des coudes pour empêcher l’ogre Anderlecht de remporter le championnat. Vainqueur de la Coupe de Belgique aux dépens du Cercle de Bruges, Genk a su puiser dans le centre de formation du FC Metz pour devenir aujourd’hui le quatrième club phare outre-Quiévrain après les Mauves d’Anderlecht, le FC Bruges et le Standard. Le premier à mettre les pieds dans cette ancienne cité minière est un Messin pure souche. Julien Gorius, 28 ans, est né à Metz et a fait toutes ses classes au sein du club grenat. « Je suis arrivé au club à l’âge de 5 ans et je suis passé par toutes les catégories jusqu’au groupe professionnel, raconte l’actuel numéro 10 du KRC. Mais au moment de pouvoir montrer mes qualités, le club a décidé de ne pas me prolonger. Jean Fernandez le souhaitait mais allait quitter le club et les dirigeants ont décidé de ne pas suivre son idée. Ce fut un moment très difficile à gérer. On ne m’a pas fait de cadeau. » Revanchard mais pas rancunier, Julien Gorius s’est alors relancé en Belgique grâce à Albert Cartier qui le pris avec lui au FC Brussels en 2005. « C’est grâce à un appel de Grégory Proment à Albert Cartier, alors à la Louvière, que j’ai éveillé son intérêt. Quand il a signé au Brussels, je l’ai rejoint. Albert Cartier a énormément compté dans ma carrière. »

« L’Angleterre me fait rêver mais j’ai le temps » (K. Koulibaly)

Le FC Metz tatoué sur la poitrine, Julien Gorius peut aujourd’hui partager l’actualité de son club de cœur avec un autre pensionnaire du centre de formation grenat, Kalidou Koulibaly, recrue estivale des champions 2011. « C’est vrai qu’on en parle souvent avec Julien. J’ai aussi l’occasion de prendre des nouvelles de mes potes Yeni Ngbakoto, Anthony Mfa Mezui et Gaëtan Bussmann. Je suis content de leur parcours et suis ravi de voir qu’ils vont remonter en Ligue 2. C’est un juste retour des choses. » Pour « Kouli », le chemin Metz – Genk a été plus rapide que pour Gorius, lui qui a fait des détours par Brussels et Malines avant d’atterrir au Racing. Après deux belles saisons en Ligue 2 et une cote en hausse, les dirigeants belges ont sauté sur l’occasion pour récupérer le défenseur central vosgien. Une transaction compliquée. «  Il s’est passé du temps entre mes premiers contacts et la signature car les dirigeants voulaient pas me laisser partir au départ. Mais la raison l’a emporté. » Tous deux titulaires au sein de l’équipe entraînée par le Néerlandais Mario Been, Julien Gorius et Kalidou Koulibaly ont parfaitement su répondre aux attentes de l’exigent public belge, présent en nombre à chaque match à domicile. « C’est un vrai bonheur de jouer au Cristal Arena à chaque match à domicile, souligne Julien Gorius. Le stade est toujours rempli et il y a une ferveur populaire que je n’avais connue qu’à quelques reprises à Metz lors de leurs années en Ligue 1. » « Le fait d’être dans une petite ville renforce ce sentiment de rapprochement entre joueurs et supporters, ajoute Kalidou Koulibaly. Les récentes difficultés traversées par les 10 000 salariés de l’usine Ford n’ont fait que renforcer l’attachement du club et de son public. Nous faisons le maximum pour leur amener un peu de joie dans une situation bouleversante. Cela fait écho aux problèmes de l’usine de Florange, en Lorraine. » Un soutien symbolisé par son capitaine, Jelle Vossen, fierté du club, porte-parole du club et qui est très souvent aux côtés de ses salariés dévastés. La lutte pour le titre prend alors d’autant plus d’importance. « C’est un club qui marque son époque, précise Julien Gorius. Le Racing vaut largement un club de haut de tableau de Ligue 1. Sans chauvinisme aucun. » « Hormis six-sept équipes, le reste du championnat vaut plutôt des clubs de Ligue 2, nuance « Kouli ». Mais Anderlecht ou Genk pourraient largement titiller les gros de la L1. »

« J’aimerais revenir à Metz tôt ou tard » (J. Gorius)

Emmené par sa pépite Jelle Vossen, le vétéran Thomas Buffel et le troisième Français de l’effectif, Steven Joseph-Monrose, formé à Lens, le KRC Genk a aussi lancé de grands talents du football européen : Thibault Courtois et Kevin De Bruyne, vendus à Chelsea et prêtés respectivement à l’Atletico Madrid et au Werder Brême. « Mais, Genk, c’est aussi « Vévé », s’amuse Koulibaly. « Vévé » c’est le surnom que l’on a attribué à Julien Gorius car il est fan de Marco Verratti, du PSG, et qu’il lui ressemble un peu dans son style de jeu. » « C’est vrai que j’aime bien être le premier relanceur de l’équipe et avoir la possession du ballon, note Julien Gorius. J’ai eu une belle formation à Metz donc j’essaie de m’en servir ici. » Déjà piste par les plus grands clubs européens, Kalidou Koulibaly a littéralement explosé dans le championnat belge. « Il s’est tout de suite imposé, souligne Julien. Il a un potentiel incroyable mais il a le temps pour aller voir ailleurs. Il est encore jeune et aura le temps de connaître d’autres championnats sans griller les étapes. » « Je n’ai pas envie de faire n’importe quoi parce qu’un championnat me tente, concède Kalidou. Je ne veux pas non plus partir pour l’argent. Je n’ai que 21 ans, j’ai le temps. » À 280 km de Metz, Julien Gorius n’en oublie pas ses racines, loin de là. « Metz, c’est mon club, j’y ai grandi, j’y ai toute ma famille et si, un jour, j’ai l’opportunité d’y revenir, je ne refuserais pas. » D’ici là, il faudra alors au club messin d’être en Ligue 1, car aujourd’hui, au lieu de la montée en National, c’est à l’Europa League et au titre de champion de Belgique 2014 que Julien et Kalidou aspirent aujourd’hui…



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