Dominique D’Onofrio : « J’avais besoin d’un nouveau défi »

Date : 17 avril 2013 - Auteur : Moselle Sport - Photo : Moselle Sport

Depuis son arrivée, en janvier 2012, au sein du FC Metz en tant que directeur sportif, Dominique D’Onofrio a surtout fait parler de lui dans la rubrique des transferts. Mais au fond, on ne sait que peu de choses sur l’ancien entraîneur du Standard de Liège. Moselle Sport est allé à la rencontre de l’Italo-Belge pour en savoir un peu plus. Entretien.

On connaît peu votre parcours avant votre arrivée au Standard de Liège en 1998. Qui était Dominique D’Onofrio avant la période Diables Rouges ?

C’est un long chemin qui m’a amené jusqu’au Standard de Liège. J’étais un avant-centre du niveau National en France (3e division belge) qui a connu beaucoup de pépins physiques – j’ai été opéré douze fois durant ma carrière de joueur – mais qui a fait, selon moi, une carrière raisonnable. Pendant ma carrière, j’ai très vite été en formation d’entraîneur pour obtenir rapidement mes diplômes, car l’entraînement m’a toujours passionné. Dans les années 90, j’ai débuté auprès des jeunes, au RFC Seraing (D1 belge) durant un an avant d’aller avec les espoirs du RFC Liège (D1 belge). J’assiste durant une année Robert Waseige – avec qui je travaillerais dix ans plus tard au Standard – puis deux ans avec Éric Gerets.

Ensuite, vous avez eu l’opportunité d’entraîner des adultes.

Oui, en 1994 dans le club de Tilleur (D3 belge), club de la banlieue de Liège. Je ne suis resté qu’un an car le club a fusionné avec le RFC Liège et je suis devenu entraîneur de La Calamine (D3 belge), avant d’aller à Montegnée (D5 belge) avec qui je suis devenu champion. J’ai également fait une saison avec Seraing RUL en D4 belge. À la suite de cela, j’ai été engagé par le Standard de Liège en tant que responsable du recrutement et revalidation des joueurs blessés aux côtés de Tomislav Ivic. C’était en 1998.

Au Standard, vous avez effectué presque tous les rôles : recruteur, entraîneur adjoint, directeur sportif, adjoint au directeur technique et entraîneur principal. Quel bilan tirez-vous de vos années de coach des Diables Rouges ?

Après le départ de Michel Preud’homme, j’ai fait quatre ans à la tête du Standard, de 2002 à 2006 avec de très bons résultats et des objectifs quasi atteints chaque année, à savoir être européen, obtenant même un titre de vice-champion. J’ai ensuite repris l’équipe après l’éviction de Làszlo Bölöni, en février 2010, quittant ainsi mon rôle de directeur sportif pour le bien de l’équipe. Nous avons échoué d’un point pour la qualification des play-offs mais avons fait un beau parcours en Europa League, en finissant quart de finaliste, après avoir éliminé notamment le Panathinaïkos et Salzbourg.

Malgré le mécontentement des supporters après cette saison difficile, le club vous confirme à ce poste malgré tout. Compliqué de faire face aux critiques des fans du Standard ?

Ce sont les aléas des entraîneurs de tous clubs. J’ai payé le fait d’être le frère du vice-président, Lucien, et quand les résultats ne sont pas excellents, on est vite la cible des supporters. Je trouve que ces attaques étaient gratuites car il y a eu des histoires incroyables. J’ai reçu des mottes de terre des supporters alors que j’avais amené ce club en haut du classement, mon fils François a été conspué par son public lors de son entrée sur le terrain alors que nous menions 7-0… Cette année-là, j’avais un groupe jeune et j’avais pris comme adjoint un ancien joueur du club, le Portugais Sergio Conceiçao, et nous avons eu du mal à nous qualifier pour les play-offs. Mais nous avons fini en trombe pour finir vice-champion derrière Genk et nous avons remporté la Coupe de Belgique, après 18 ans d’absence au palmarès.

Le nom D’Onofrio a une résonance particulière outre-Quiévrain. Votre frère Luciano, ancien agent de joueurs et ex vice-président du Standard a eu des problèmes avec la justice, le menant à de la prison ferme. Quel a été l’influence de votre frère sur votre carrière ?

Je me suis fait seul, sans lui. Mais il a été important dans mon arrivée au Standard de Liège, je ne peux pas le nier. Et il a été très important, avec Robert Louis-Dreyfus, dans la reconstruction du Standard de Liège. Mais, vous savez, les soucis de mon frère avec la justice sont nés d’une coïncidence bizarre… Le frère de la procureur du Roi de Liège, Anne Bourguignon, était kiné au Standard. Et les soucis de mon frère liées à des opérations suspectes sur des transferts de joueurs ont commencé juste après nous ayons licencié le frère la procureur du Roi… Et cela fait dix ans que cela dure. Automatiquement, il y a des répercussions sur ma carrière mais je n’ai jamais été inquiété. La cible, c’était Lucien. 

Après autant d’années et autant de missions au Standard, quelles sont les raisons qui font partir Dominique D’Onofrio de SON club ?

Il faut savoir tourner la page parfois même si ce fut difficile. J’avais besoin d’un autre défi, sur un banc ou dans un projet sportif et lorsque Bernard Serin m’a contacté pour devenir directeur sportif du club en janvier 2012, j’ai accepté cette mission car le projet m’intéressait.

La mise au placard de Joël Muller a été mal perçue par les supporters du club. Comprenez-vous que ce changement d’organigramme ait été mal perçu par le public à ce moment-là de la saison ?

Je peux le comprendre mais je pense que ces changements ont été très bien gérés par le club car le président souhaitait revoir l’organigramme et préparer la saison suivante sans attendre l’été suivant. Il n’y a pas eu de licenciement, Joël a continué de travailler comme il le faisait avant mais en collaboration avec moi et Philippe Gaillot.

Joël Muller, dans un entretien, a déclaré qu’au moment de son départ du poste de directeur sportif, le club était bien placé de Ligue 2 avant de finir en National six mois plus tard. Pensez-vous que ce changement ait eu une incidence sur le groupe ?

Mais je ne vois comment ce changement ait pu perturber les joueurs au point de leur faire complètement rater leur seconde partie de saison. Ce sont des changements qui ne les touchaient pas sportivement, ils ne me voyaient pas souvent et je ne vois pas en quoi je pourrais être coupable de l’explosion du groupe l’an dernier. Le staff technique autour de Dominique Bijotat n’a pas changé. Pendant les mauvais résultats du club, moi je m’occupais du recrutement à venir, en voyageant en Argentine, au Togo, en Belgique. Cela n’a eu aucune incidence sur le groupe, j’en suis sûr. 

Dans la colonne des déceptions, Nicolas Cherro, Mamadou Wagué sont repartis, Albert Baning ne s’en sort pas avec ses problèmes physiques, et Moussa Gueye peine à s’imposer. Vous partagez cet avis ?

C’est vrai que j’attends plus de Moussa Gueye qui a été la seule recrue du club pour laquelle nous avons dépensé de l’argent. Il est dans un environnement favorable et c’est à lui de montrer à Albert Cartier qu’il mérite de jouer plus souvent. Il est aussi la victime du bon rendement de Bourgeois, Sakho, Keita voire même de Cornet. Mais c’est vrai qu’on attend un peu plus de Moussa qui est un vrai buteur avec un potentiel énorme. Pour Cherro ou Baning, il y a des choses qu’on ne maîtrise pas comme les problèmes physiques. C’est difficile de prévoir cela.

Le FC Metz peut-il se permettre de refuser des offres de quelques millions d’euros, cet été, si celles-ci devaient arriver ?

Avec la direction, nous étudierons les offres pour savoir quel est le meilleur pour le club et aussi pour la poursuite de la carrière du joueur. C’est ce que nous avons fait pour Sadio Mané ou pour Kalidou Koulibaly. Nous autoriserons des départs de joueurs importants si tout le monde s’y retrouve et en espérant trouver des remplaçants dignes de ce nom. C’est pour le bien du club.



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